Le compte à rebours du Plan national de relance et de résilience (PNRR)
La Roumanie est entrée dans la dernière semaine au cours de laquelle elle peut encore mener à bien les investissements et les réformes prévus dans le cadre du Plan national de relance et de résilience.
Daniela Budu, 26.08.2026, 11:46
La Roumanie entre dans la dernière ligne droite pour mettre en œuvre les investissements et les réformes inscrits dans son Plan national de relance et de résilience (PNRR). L’échéance est fixée au 31 août, avec à la clé des montants qui se chiffrent en milliards d’euros. Mardi, le président Nicuşor Dan a de nouveau réuni les dirigeants des partis de l’ancienne coalition gouvernementale pour tenter de débloquer les négociations et de dégager un consensus autour de la loi sur la rémunération unitaire, considérée comme l’une des réformes structurantes du PNRR. Les discussions n’ont toutefois pas permis d’aboutir à un accord. La Roumanie risque donc de manquer cet objectif, qui aurait déjà dû être atteint il y a trois ans, et de perdre quelque 770 millions d’euros. Le dossier fait l’objet de consultations successives depuis plusieurs mois. En juillet, le ministre du Travail, Dragoș Pîslaru, avait présenté un nouveau projet de loi, rejeté par les partis politiques et accueilli par des manifestations et des mouvements de grève dans la fonction publique. À l’issue des discussions menées la semaine dernière entre le chef de l’État et les dirigeants politiques, une nouvelle mouture a été proposée, qui n’a pas davantage convaincu les syndicats. À ce stade, seuls le PNL et l’USR ont annoncé leur soutien au texte. L’USR plaide pour un équilibre entre la pression sociale et la contrainte budgétaire ; l’UDMR demande que les revenus ne diminuent pas, tandis que le PSD défend le principe d’une loi garantissant une rémunération équitable. Le Premier ministre par intérim, Ilie Bolojan, a pour sa part averti, sur une chaîne de télévision privée, que l’absence de cette réforme pourrait compromettre gravement les équilibres budgétaires du pays dans les années à venir.
Des milliards d’euros suspendus à plusieurs réformes
La loi sur l’intégrité constitue un autre dossier sensible. Les députés de l’USR ont déposé un nouveau projet de loi, tandis que le Parlement a relancé parallèlement le processus législatif autour d’une précédente initiative contestée devant la Cour constitutionnelle. Saisie d’un recours, la CCR avait finalement déclaré le texte conforme à la Constitution. Selon l’USR, sa nouvelle proposition respecte les décisions de la Cour, n’a pas d’effet rétroactif, prévoit la numérisation des procédures et renforce les prérogatives de l’Agence nationale d’intégrité, conformément aux engagements pris dans le cadre du PNRR. Ces évolutions législatives ont également suscité des inquiétudes à Bruxelles. Les dirigeants des groupes du Parti populaire européen et de Renew au Parlement européen, auxquels sont affiliés respectivement le PNL et l’USR, ont demandé à la présidente de la Commission européenne d’adresser un message sans ambiguïté aux autorités roumaines : le versement des fonds du PNRR doit rester conditionné à la mise en œuvre de réformes pleinement conformes aux principes fondamentaux de l’Union européenne. À ces dossiers s’ajoute une autre réforme encore en suspens, dont dépend l’approbation de la cinquième demande de paiement : le projet de loi visant à intégrer l’hydrogène produit à partir de sources renouvelables et à faibles émissions de carbone dans les secteurs de l’industrie et des transports. Une fois cette cinquième demande déposée, la Roumanie devrait avoir reçu environ 10,6 milliards d’euros de subventions au titre du PNRR. Il resterait alors quelque 2,58 milliards d’euros de subventions à débloquer. Les investissements et réformes encore en cours devront donc être finalisés dans les prochains mois avant le dépôt de la sixième et dernière demande de paiement. Selon le calendrier annoncé par les autorités roumaines, celle-ci devrait être soumise à la Commission européenne d’ici au 30 septembre 2026. Le compte à rebours est donc engagé : pour Bucarest, il s’agit désormais autant de respecter ses engagements européens que de ne pas laisser s’envoler plusieurs milliards d’euros indispensables à la transformation économique du pays.