Plus de fonds pour l’agriculture et la cohésion ?
Un financement accru pour l'agriculture et le développement régional : les dotations vont-elles augmenter ?
Fromenteaud Charlotte, 05.10.2026, 11:34
L’avenir du budget de l’Union européenne s’invite cette semaine au cœur des débats à Strasbourg, où les députés européens échangent avec la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Le Parlement plaide déjà pour une enveloppe plus ambitieuse que celle envisagée par l’exécutif communautaire, mais aussi que les montants défendus par les États contributeurs nets, dont la contribution au budget européen excède les fonds qu’ils en perçoivent. Pour les eurodéputés, l’enjeu est notamment de préserver les moyens consacrés à deux politiques structurantes : la cohésion et l’agriculture. Ils souhaitent ainsi que le prochain cadre financier pluriannuel, qui couvrira la période 2028-2034, dépasse les plafonds actuellement proposés par la Commission. Pour financer cette ambition, le Parlement mise notamment sur de nouvelles ressources propres, à travers une taxation accrue du secteur numérique, des jeux d’argent en ligne ou encore des transactions sur les cryptomonnaies.
La Roumanie défend un budget européen à la hauteur des nouveaux défis
Cette bataille budgétaire trouve un écho particulier à Bucarest. Le président roumain Nicuşor Dan a récemment annoncé que les 17 États membres réunis au sein du groupe des « Amis de la cohésion » avaient adressé une lettre commune au Premier ministre irlandais Micheál Martin, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Leur message est clair : la cohésion et l’agriculture doivent demeurer des priorités du prochain budget européen. La Roumanie défend ainsi un cadre financier suffisamment ambitieux pour réduire les écarts de développement entre les citoyens et les territoires de l’Union. Une position également portée au Parlement européen par les deux corapporteurs chargés du futur budget, le Roumain Siegfried Mureşan et la Portugaise Carla Tavares. Selon eux, une enveloppe plus limitée risquerait de transférer une part croissante des défis européens vers les budgets nationaux, à un coût potentiellement supérieur. Siegfried Mureşan insiste notamment sur la nécessité de ne pas opposer politique de cohésion et nouveaux impératifs de sécurité, de défense ou de compétitivité. Au contraire, estime-t-il, les fonds de cohésion peuvent contribuer à renforcer les États membres face à ces défis. « Nous investirons une plus grande partie des fonds de cohésion dans des projets qui contribueront à la sécurité des citoyens à l’avenir », a-t-il déclaré.
« Notre position, celle du Parlement européen, est que les bénéficiaires des fonds européens ont besoin de prévisibilité. C’est pourquoi, dans la position du Parlement européen, tous les fonds sont alloués », a déclaré M. Mureșan. Il a ajouté qu’en collaborant avec ses collègues du Comité européen des régions, ils avaient réussi à imposer une position du Parlement européen sur le futur budget de l’Union européenne supérieur de 10 % au projet de budget initialement proposé par la Commission européenne. « La Commission européenne a proposé 2 000 milliards d’euros. La position du Parlement européen, que j’ai réussi à faire adopter en tant que négociateur en chef, s’élève à 2 200 milliards d’euros. Pour la Roumanie, cela signifie une augmentation des fonds de 60 à 66 milliards d’euros », a enfin souligné Siegfried Mureşan.