Qu’attendent les forces politiques roumaines du prochain premier ministre ?
Les principales forces politiques du Parlement roumain attendent de connaître le programme et la composition du gouvernement pour décider si elles accorderont leur vote de confiance au nouveau Premier ministre désigné.
Ştefan Stoica, 07.10.2026, 11:57
Le Premier ministre roumain désigné, Luca Niculescu, journaliste de formation et diplomate, sans expérience politique, s’attelle à une mission particulièrement délicate : réunir une majorité de 233 voix autour du programme gouvernemental et de la liste des ministres, qui reste encore à finaliser. L’enjeu est d’éviter à la Roumanie un quatrième échec dans sa tentative de former un gouvernement de plein exercice, cinq mois après la chute, à la suite d’une motion de censure, du cabinet dirigé par le libéral Ilie Bolojan et réunissant le Parti national libéral (PNL), l’Union sauvez la Roumanie (USR) et l’Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR). Luca Niculescu a appelé l’ensemble des formations représentées au Parlement à engager des discussions en vue de dégager une majorité. Le président Nicuşor Dan lui a donné toute latitude pour négocier la formule qu’il jugera la plus viable : gouvernement politique, technocratique ou coalition mixte.
Les partis avancent leurs conditions
Premier groupe au Parlement et co-auteur, avec l’extrême droite ultranationaliste AUR, de la motion ayant renversé le gouvernement Bolojan, le Parti social-démocrate (PSD) a accordé à sa direction un large mandat pour négocier avec le Premier ministre désigné. Frustré de ne pas avoir été chargé de former lui-même le gouvernement, son président, Sorin Grindeanu, a prévenu que toute participation du PSD serait conditionnée à l’adoption de ses mesures. La priorité, a-t-il affirmé, est un changement d’orientation dans la conduite du pays et de l’économie. Le PSD, a-t-il ajouté, ne saurait accorder de « vote en blanc » ni s’engager dans une construction politique sans bases solides. Le PNL, de son côté, attend de prendre connaissance du programme et de l’équipe gouvernementale avant de se prononcer, tout en excluant à ce stade une participation du PSD au gouvernement. L’USR réserve également sa décision, mais son président, Dominic Fritz, a déjà prévenu que le parti ne soutiendrait pas un cabinet comprenant des ministres sociaux-démocrates ou placé sous l’influence du PSD. L’UDMR, elle, plaide pour une reprise de la coopération entre le PSD et le PNL, considérant que l’absence de l’un ou de l’autre compromettrait toute majorité viable. Son président, Kelemen Hunor, estime que Luca Niculescu cherchera précisément à obtenir le soutien des deux formations. L’UDMR juge en revanche inacceptable de soutenir une formule gouvernementale dépendant de formations qu’elle considère comme extrémistes. Exclue des discussions sur la future majorité, l’Alliance pour l’union des Roumains (AUR), deuxième force parlementaire, a annoncé qu’elle ne soutiendrait aucun gouvernement et réclame des élections anticipées, alors que les sondages la placent en tête des intentions de vote. Le parti accuse par ailleurs le président Nicuşor Dan d’outrepasser ses prérogatives constitutionnelles en cherchant à maintenir un cordon sanitaire autour de la principale formation se revendiquant du souverainisme. L’AUR recueille actuellement des signatures en vue d’une procédure de suspension du chef de l’État.