Situation énergétique inquiétante en Roumanie
L’arrêt imminent de la dernière unité active de la centrale nucléaire de Cernavoda pose des problèmes supplémentaires dans l’approvisionnement en énergie de la Roumanie
Ştefan Stoica, 12.08.2026, 12:36
La centrale nucléaire de Cernavoda dans le sud-est de la Roumanie a initié les procédures techniques préalables à l’arrêt contrôlé du réacteur n°2, le dernier en service, à cause de la baisse du niveau du Danube. Cela intervient malgré les efforts des autorités roumaines de le maintenir actif par la détonation contrôlée d’un rocher et par l’immersion contrôlée de quatre barges chargées de roches, mesures censées maintenir le débit du fleuve à un niveau acceptable dans la zone de la centrale.
L’Administration Nationale des Eaux Roumaine a cependant annoncé que le niveau du fleuve avait atteint le seuil critique pour le fonctionnement de la centrale et la prévision des hydrologues est défavorable, le débit pouvant se chiffrer autour de 1350 mètres cubes par seconde au cours des deux prochains jours. L’unité no. 1 de Cernavoda est déjà arrêtée depuis le 28 juillet. Les deux réacteurs assuraient presque 20 % de la production d’énergie électrique de la Roumanie. Afin de combler le déficit, le Ministère de l’Energie sortira de la réserve le groupe Rovinari 4, utilisant le charbon, et utilisera dans les limites techniques et celles imposées par les ressources d’eau la capacité supplémentaire disponible à Hidroelectrica, compagnie d’Etat, le principal producteur d’énergie en Roumanie.
Le retour du charbon pour compenser ?
Le Complexe énergétique Oltenia Rovinari 4, du sud-ouest, dispose d’une capacité de charbon qui est à la disposition des autorités pour les situations exceptionnelles ou pour combler d’éventuelles pannes à un des autres trois groupes qui sont toujours en fonction à l’heure où l’on parle.
Ce mardi, la consommation national a dépassé les 8 000 MW même si la production s’est chiffré sous le seuil de 6 000 MW. Un quart de l’énergie électrique nécessaire a été assuré par des importations.
Fin juillet les autorité ont déclaré « l’état d’alerte énergétique » au niveau national en Roumanie pour toute la période du mois d’août suite à la baisse de la production d’énergie électrique et les autorités ont fait appel plusieurs fois à la population, les institutions publiques et les opérateurs économiques, les encourageant à adopter une consommation responsable.
La Roumanie a demandé à la Commission européenne et au Réseau européen des opérateurs de systèmes de transport d’énergie électrique d’évaluer les capacités de production d’énergie disponibles et les capacités d’interconnexion transfrontalières, le niveau des réserves d’équilibrage, ainsi que la capacité des systèmes électro-énergiques des États voisins à apporter un soutien en cas d’aggravation de la situation au niveau régional.
Le secrétaire d’Etat au Ministère de l’Energie, Cristian Busoi, a participé ce mardi à la réunion du Groupe de Travail Electricité de la Commission européenne, où il a présenté la situation de la Roumanie, l’arrêt imminent de l’Unité no. 2 de Cernavoda ainsi que les mesures législatives prises par le Gouvernement pour gérer la situation. Il a expliqué aux membres de la Commission que la fermeture, d’ici le 31 août, d’un groupe de centrales fonctionnant à l’aide de charbon, qui figure comme jalon du Plan National de Relance et de Résilience, était extrêmement problématique dans la situation actuelle. En ce qui concerne d’éventuelles restrictions dans la distribution d’énergie, celles-ci ne viseraient pas les consommateurs des foyers et les services essentielles, a précisé encore Cristian Busoi. L’Exécutif communautaire a annoncé qu’il suivrait de près la sécurité de l’approvisionnement en énergie électrique en Roumanie, en Hongrie et dans le sud-est de l’Europe.