Tensions pour former un nouveau gouvernement
Premier tour de consultations entre le Premier ministre roumain et les partis politiques pour tenter de reformer un gouvernement.
Leyla Cheamil, 19.05.2026, 12:38
Chargé par le président élu Nicușor Dan de mener des consultations avec les partis représentés au parlement en vue de désigner un nouveau Premier ministre, Ilie Bolojan s’efforce de sortir la Roumanie de l’impasse politique qui perdure depuis plusieurs semaines. Les discussions, engagées avec l’ensemble des formations représentées au Parlement, visent à dégager une formule gouvernementale capable de réunir une majorité stable et pro-européenne, dans un contexte marqué par la montée des forces souverainistes et nationalistes. Depuis le début du mois, plusieurs séries de consultations se sont succédé afin de définir une coalition « cohérente » et « viable », susceptible d’assurer la stabilité politique et de répondre aux défis économiques et institutionnels du pays. Les représentants du Parti social-démocrate (PSD), de l’Alliance pour l’Union des Roumains (AUR), du Parti national libéral (PNL), de l’Union Sauvez la Roumanie (USR), de l’Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR), des représentants des minorités nationales, ainsi que des formations S.O.S. Roumanie et Parti des Jeunes (POT), ont ainsi été reçus dans le cadre de ces négociations destinées à établir une nouvelle majorité parlementaire.
Le PSD hésite, l’opposition souverainiste hausse le ton
Le Parti social-démocrate demeure au centre des discussions. Son dirigeant, Sorin Grindeanu, a laissé entendre que les sociaux-démocrates pourraient soutenir un exécutif conduit par Ilie Bolojan, tout en rappelant que le parti privilégiait la nomination d’un Premier ministre issu du champ politique plutôt qu’un technocrate. Selon lui, le PSD pourrait lui-même revendiquer la direction du futur gouvernement, estimant disposer de la légitimité parlementaire nécessaire. De son côté, l’Alliance pour l’Union des Roumains, dirigée par George Simion, a confirmé qu’elle resterait dans l’opposition. La formation ultranationaliste d’extrême-droite a dénoncé les négociations entre partis pro-occidentaux et affirmé qu’elle ne soutiendrait aucune majorité parlementaire issue des actuelles tractations. Les libéraux du Parti national libéral continuent, quant à eux, de défendre l’idée d’un gouvernement stable, éventuellement soutenu par une large coalition incluant les sociaux-démocrates. Ilie Bolojan apparaît ainsi comme l’un des principaux favoris pour prendre la tête du futur exécutif, même si les négociations restent particulièrement délicates.
L’Union Sauvez la Roumanie a, pour sa part, indiqué être prête à participer à une majorité réformatrice, son dirigeant Dominic Fritz estimant qu’une coalition pro-européenne constitue la seule réponse crédible à la crise politique actuelle. L’Union démocrate magyare de Roumanie s’est également dite favorable à une formule gouvernementale tournée vers la stabilité et l’ancrage euro-atlantique du pays. À l’inverse, Diana Șoșoacă, figure de la mouvance souverainiste d’extrême-droite, a vivement critiqué ces consultations, dénonçant la perspective d’une nouvelle coalition pro-occidentale. Même tonalité du côté du Parti des Jeunes (POT), dirigé par Anamaria Gavrilă, qui rejette toute formule gouvernementale issue des actuelles négociations parlementaires.