Un budget 2026 encore attendu, mais en voie de finalisation
Le budget de l'État pour 2026 prend forme. Le projet sera approuvé par le gouvernement roumain au milieu du mois prochain, puis débattu et voté au Parlement à Bucarest.
Daniela Budu, 21.01.2026, 11:29
Comme l’an passé, la Roumanie entame l’année 2026 sans budget adopté. Les autorités assurent toutefois que le projet est en phase avancée et qu’il devrait être approuvé par le gouvernement de Bucarest dans la seconde moitié du mois de février. L’exécutif vise un texte accepté par l’ensemble des formations de la coalition au pouvoir, fondé sur un objectif de déficit d’environ 6 % et une croissance économique estimée à près de 1 %. Le ministre des Finances, Alexandru Nazare, souligne que le budget pour 2026 doit être construit sur des bases réalistes, reflétant fidèlement le niveau des dépenses et évitant toute surestimation des recettes attendues. Alexandru Nazare :
« Notre objectif pour 2026 est de bâtir un budget de relance, un budget tourné vers l’investissement. Plus de 10 milliards d’euros sont prévus rien que dans le cadre du Plan national de relance et de résilience (PNRR). Il est essentiel de transformer ces projections en dépenses effectives et d’accélérer le rythme d’exécution pour chaque ordonnateur de crédits. La croissance projetée est d’environ 1 % pour 2026, avec un PIB estimé à près de 2 045 milliards de lei, soit environ 409 milliards d’euros. L’objectif de déficit se situe autour de 6 % et fait encore l’objet de discussions. Une fois les échanges finalisés avec les ordonnateurs de crédits et la Commission européenne, nous disposerons d’un objectif définitif, conforme aux lignes annoncées jusqu’à présent. » a conclu le ministre roumain des Finances.
Ajustements budgétaires et lignes de fracture politiques
Le vice-Premier ministre Radu Miruţă estime pour sa part que la Roumanie se trouve enfin sur la bonne trajectoire en matière budgétaire. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a remercié ceux qui ont compris, au cours des six derniers mois, la complexité de la situation financière et le fait que l’État roumain ne soit pas encore pleinement opérationnel. Reconnaissant que le pays n’a pas totalement surmonté cette période délicate, il a néanmoins insisté sur les efforts engagés pour élaborer un budget équilibré, honnête et réaliste, à la hauteur des capacités économiques actuelles. En parallèle de l’ajustement des dépenses, des démarches sont également menées pour stimuler une croissance économique réelle, a-t-il ajouté. À l’initiative du Parti social démocrate, les représentants des collectivités locales seront également associés à l’élaboration du budget 2026, dans le contexte de la hausse des taxes entrée en vigueur le 1er janvier. Ceux-ci plaident pour que les recettes fiscales restent au niveau local afin de permettre le cofinancement de projets européens dédiés au développement des communautés. Le président du Parti social démocrate (PSD), Sorin Grindeanu, a indiqué que des discussions étaient en cours avec l’ensemble des partis et qu’un consensus pourrait émerger d’ici la semaine prochaine. Dans l’opposition, le parti d’extrême-droite Alliance pour l’Union des Roumains (AUR) critique vivement le retard dans l’adoption du budget et accuse le gouvernement de manquer de responsabilité à l’égard des citoyens. La sénatrice Niculina Stelea estime quant à elle que les allocations budgétaires de cette année devraient prioritairement soutenir l’éducation, la santé, les familles, les investissements dans l’économie nationale et la réduction du gaspillage jugé excessif au sein de l’appareil d’État.