Le Premier ministre roumain à Bruxelles
Le Premier ministre roumain, le libéral Ilie Bolojan, s'est rendu à Bruxelles jeudi pour convaincre la Commission européenne que la Roumanie avait respecté les étapes fixées par le Plan National de Relance et de Résilience et qu'elle devait recevoir les fonds prévus par le programme
Sorin Iordan, 27.02.2026, 12:15
La Roumanie pourrait recevoir une partie du reste de paiement du troisième versement du Plan National de Relance et de Résilience (PNRR), a déclaré le Premier ministre roumain Ilie Bolojan. A Bruxelles, ce dernier a essayé de convaincre les dirigeants européens que la Roumanie avait rempli ses engagements et pouvait recevoir les 231 millions d’euros conditionnés par la mise en œuvre de la réforme des régimes spéciaux de retraite des magistrats. Le Premier ministre a rencontré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le commissaire à l’Economie, Valdis Dombrovskis, auxquels il a expliqué que le gouvernement roumain avait rempli ses obligations avant le terme limite, mais que la réforme avait été bloquée par la justice.
Par ailleurs, ce vendredi, le président roumain, Nicușor Dan, a promulgué la loi sur la réforme des régimes spéciaux de retraite des magistrats, au lendemain de la publication par la Cour constitutionnelle dans le Bulletin officiel de la motivation de sa décision déclarant le texte conforme à la Constitution.
La réforme des régimes spéciaux de retraite des magistrats constitue un jalon important du Plan National de Relance et de Résilience. C’est à cause du retard pris dans sa mise en œuvre que la Roumanie n’a perçu que 1,3 milliard d’euros sur la troisième tranche de versement, d’un montant d’environ 2,2 milliards d’euros au total. Ilie Bolojan a déclaré :
« Conformément aux pourparlers avec la présidente de la Commission europpéenne, je suis optimiste quant aux fonds alloués à cette étape cruciale. Certains aspects restent toutefois à évaluer mais je crois que cet effort considérable, qui témoigne de notre engagement national de corriger une injustice, pourrait convaincre la Commission européenne d’adopter la meilleure solution possible pour la Roumanie. »
La Roumanie attend également le versement de la quatrième tranche du PNRR, d’un montant d’environ 2,6 milliards d’euros. La Commission européenne vérifie l’état d’avancement de la mise en œuvre des réformes, le terme limite étant fixée à fin août 2026.
L’élimination du charbon du mix énergétique roumain constitue un jalon important, soit un aspect problématique pour Bucarest, car l’élimination du charbon de la production d’énergie est un processus de longue durée.
Les discussions à Bruxelles ont également porté sur le programme européen de défense Security Action For Europe et le déficit budgétaire roumain.
Les responsables européens ont salué le respect par Bucarest de ses engagements, la réduction du déficit à 6 % du PIB cette année et le rythme d’élaboration des plans d’investissement dans le secteur de la Défense.
D’ailleurs, cette dernière était un point central de la visite du Premier ministre à Bruxelles. Ce dernier a notamment participé au lancement de la plateforme de financement East Invest, un mécanisme financier se chiffrant à environ 28 milliards d’euros consacré exclusivement aux investissements dans les Etats européens frontaliers du conflit en Ukraine, dont la Roumanie. Ces fonds peuvent être captés tant par les entreprises publiques que par les entreprises privées. Pourtant le programme fonctionne selon le principe du « premier arrivé, premier servi ». Par conséquence la Roumanie doit se dépêcher de proposer des projets viables afin d’attirer un maximum de fonds.