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Aide citoyenne pour un ghetto de Bucarest

Aide citoyenne pour un ghetto de Bucarest
Aide citoyenne pour un ghetto de Bucarest

, 22.04.2020, 14:42

Sis dans la partie sud-ouest
de la capitale roumaine, Bucarest, le quartier de Ferentari est devenu, avec le
temps, un synonyme de vie insalubre, de pauvreté, de violence, de précarité
extrême et généralisée. Le grand nombre d’habitants d’ethnie rom est la raison
pour laquelle ce quartier ressemble à un ghetto, puisque rares sont les gens de
Ferentari qui décident d’en franchir les confins réels et symboliques pour
aller vivre mieux ailleurs. La solution serait d’améliorer la vie de ces gens
dans le ghetto, une tâche à laquelle Valeriu Nicolae s’est attelé depuis une
bonne dizaine d’année. Informaticien ayant travaillé aux Etats-Unis et au
Canada, fondateur du premier groupe de réflexion sur les problèmes de la
population Rom de Roumanie, membre du Haut Commissariat des Nations Unies aux
droits de l’homme, directeur régional de la Communication et Plaidoyer au sein de World Vision
International et ministre secrétaire d’Etat au gouvernement roumain en 2016,
Valeriu Nicolae a milité sans répit pour les droits des déshérités de ce monde.

Ethnique rom issu d’un milieu défavorisé, Valeriu Nicolae connaît parfaitement
les problèmes de vie des marginaux, il sait aussi à quel point il est important
pour les enfants d’avoir une chance de sortir du ghetto. C’est ce qui l’a
poussé, en 2007-2008, à rejoindre d’autres bénévoles et à se rendre, ensemble,
dans une école de Ferentari, pour aider les élèves à faire leurs devoirs. L’établissement
scolaire était non loin d’un endroit connu sous le nom d’Allée de la drogue, un
endroit où « l’on peut facilement trouver au moins 40-50 personnes en
sevrage », raconte Valeriu Nicolae. Ordures, rats, cafards, pacs de 5-6
personnes entassées dans des studios de 14 mètres carrés, font partie du
quotidien vécu par ceux que Valeriu Nicolae aide. L’été dernier, soutenus par
des bénévoles tenaces, les enfants du quartier occupaient chaque weekend
quelques salles de classe où ils se faisaient aider dans leur travail scolaire,
se souvient Valeriu Nicolae. « On
les aidait à faire leurs devoirs scolaires et bine plus que ça: on a réussi à
faire délivrer des certificats d’invalidité pour les parents ayant ce genre de
problème, on a aidé les gens ayant des problèmes de santé, depuis des problèmes
dentaires jusqu’à des interventions chirurgicales cardiaques. On a essayé de
les aider avec tout ce qu’ils avaient besoin. La quasi-totalité des enfants
avec lesquels on a travaillé étaient presque sur le point d’abandonner l’école.
Aucun d’entre eux ne l’a fait et sur la centaine d’enfants, seuls deux ont des
résultats mitigés. Avant c’était un désastre. La majorité abandonnait les
études au passage au collège. A présent, on en a qui vont au lycée, la
situation est donc meilleure. Et on leur assurait aussi un repas chaud
. »


Tout allait bien, même trop
bien, puisque la mairie du 5-e arrondissement de Bucarest, où est situé le
quartier de Ferentari, a décidé de
mettre en œuvre sont propre programme d’assistance dans le même établissement
scolaire et de poussaer ainsi à la sortie Valeriu Nicolae et ses bénévoles. Mais
Valeriu Nicolae n’a pas jeté l’éponge et a ouvert la Bonne Maison/Casa Bună, dans un immeuble
voisin de son propre logement, tout près de Ferentari. Les enfants du ghetto y
viennent pour continuer « l’éducation d’après l’école ». La Bonne Maison/Casa Bună a
ouvert ses portes à l’automne 2019, un mois après l’achat de l’immeuble, grâce
à la générosité publique et à l’abnégation des bénévoles, raconte Valeriu
Nicolae. «On a pris deux minibus et les
voitures personnelles des bénévoles et on ramené les enfants à la Bonne Maison
et puis chez eux, tout les weekends. On y est arrivé encore une fois à avoir
une bonne centaine d’enfants et c’était mieux qu’avant. La Bonne Maison nous
appartenait, elle était le lieu où on pouvait faire ce que l’on voulait. Nous y
avons rassemblé une bibliothèque et tout se passait bien, parce qu’on a été
aidé par beaucoup de gens, par exemple des chefs très connus qui sont venus
cuisiner pour les enfants. »


Et
puis, tout d’un coup, il y a eu l’état d’urgence à cause de la pandémie de
COVID-19, les écoles ont été fermées et le confinement est devenu le nouveau
mot d’ordre. Impossible, donc, d’accueillir les enfants à la Bonne Maison, mais
des solutions se sont tout de même fait jour, se félicite Valeriu Nicolae. « Les enfants progressaient et on ne
pouvait pas arrêter de travailler avec eux. Alors, je me suis mis à installer
des ordinateurs et des hotspots (points d’accès) wi-fi dans le ghetto. On m’a
fait don de cartes d’accès illimité à internet, des gens m’ont offert de vieux
téléphones. On a agi très vite et moi, je me suis tourné vers mon ancienne
profession d’informaticien et j’ai réussi à installer rapidement à peu près
tout ce qu’il fallait. J’ai installé les ordinateurs et des logiciels
éducationnel et, à l’heure où l’on parle, une cinquantaine de bénévoles
travaillent quotidiennement en ligne avec ces enfants. C’est en ligne qu’on les
tient branchés. »


Dans le ghetto de Ferentari,
les restrictions actuelles et l’arrêt d’un grand nombre d’activités économiques
rendent encore plus difficile la vie des gens. Mais Valeriu Nicolae et ses
bénévoles reçoivent des dons de la part de différentes compagnies, ce qui leur
permet de ramener dans le ghetto des produits laitiers, des produits de
boulangerie, des denrées alimentaires, du café, des thés… « Nous arrivons à
couvrir les besoins de produits d’alimentation. De nombreux gens de là-bas ont
perdu leurs emplois. Mais, depuis le confinement, nous réussissons à fournir le
nécessaire aux familles avec lesquelles nous travaillons. J’espère pouvoir
continuer à le faire, mais la situation empire dans le ghetto. Bien que les
gens, mêmes les toxicomanes, me connaissent bien, le contexte devient, parfois,
violent, car les toxicomanes ont eux aussi besoin de nourriture. Ils savent que
moi, j’y vais pour aider les enfants, mais ils ont eux aussi besoin de manger.
Dans le même temps, la violence en famille et les abus en tout genre sont en
forte hausse. Et, malheureusement, personne ne se rend dans de telles zones
pour arrêter ces choses. »


Valeriu
Nicolae estime que, rien qu’à Bucarest, plusieurs dizaines d’enfants de milieux
défavorisés n’ont pas d’accès aux ressources éducationnelles en ligne et
risquent d’abandonner l’école, en cette période de confinement et
d’établissements scolaires fermés. (Trad. : Ileana Ţăroi)

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