Paul Jamet – Qui est en charge de l’archéologie en Roumanie ?
En Roumanie, c’est le ministère de la Culture, par le biais de ses directions spécialisées et organismes consultatifs qui est en charge de la gestion, de l’autorisation et de la protection du patrimoine archéologique de Roumanie. Récemment, des vestiges historiques importants ont été découverts lors des travaux sur un chantier au centre-ville de Bucarest.
Valentina Beleavski, 01.05.2026, 11:50
Les responsables de l’archéologie
La responsabilité des fouilles et recherches archéologiques est officiellement partagée entre plusieurs institutions, à savoir : l’Institut d’Archéologie « Vasile Pârvan », le Musée National d’Histoire de la Roumanie (MNIR) et l’Institut National du Patrimoine (INP). Mais en fait, c’est le ministère de la Culture, par le biais de ses directions spécialisées et organismes consultatifs qui est en charge de la gestion, de l’autorisation et de la protection du patrimoine archéologique de Roumanie. C’est le ministère qui délivre les autorisations nécessaires pour mener des fouilles.
C’est la Commission nationale d’Archéologie qui donne aussi son avis aux recherches, propose des programmes nationaux de recherche et met à jour la liste des sites archéologiques d’intérêt prioritaire.
Puis, une autre institution subordonnée au ministère de la Culture, l’Institut National du Patrimoine s’occupe de la base de données du patrimoine archéologique et autres tâches similaires. Il est aussi l’organisme public chargé de la gestion du patrimoine culturel, incluant l’autorisation, la supervision et l’archivage des recherches archéologiques.
Mais c’est l’Institut d’Archéologie « Vasile Pârvan » qui est l’institution de Roumanie la plus ancienne et la plus importante en matière de recherche fondamentale dans le domaine de l’archéologie. Il fut fondé en 1834 et intégré à l’Académie roumaine. Ses spécialisations sont la préhistoire, l’histoire ancienne, l’archéologie et l’histoire médiévale.
A part ces piliers du domaine archéologique roumain, d’autres institutions s’en occupent à travers le pays. Par exemple, il y a un Institut d’archéologie à Iasi (est), un Institut d’Archéologie et d’Histoire de l’Art à Cluj (nord-ouest) ainsi que de nombreux musées nationaux et départementaux qui organisent des recherches sur le terrain.
Notons que sur le territoire de la Roumanie, les fouilles archéologiques sont menées exclusivement par du personnel autorisé par le Ministère de la Culture et inscrit au Registre des Archéologues.
Des vestiges historiques découverts sur un chantier de Bucarest en 2025
Pour ce qui est des chantiers, il y a eu certainement des situations où des travaux pour la construction d’autoroute par exemple, ou autres, soient arrêtés ou retardés en raison des vestiges archéologiques trouvés sur place. Récemment, ce fut aussi le cas de la capitale roumaine, en septembre 2025, lorsque les travaux de réhabilitation d’un passage souterrain au centre-ville, Place de l’Union (Piata Unirii) ont mis à jour des ruines d’anciennes habitations et des objets remontant au début du 19e siècle. La zone été délimitée et les archéologues du Musée de la municipalité de Bucarest ont tout de suite été invités sur place, y ayant travaillé pendant deux mois.
« Des fragments de céramiques et d’objets d’usage courant ont été retrouvés, témoignant d’une vie simple mais pleine de couleur qui se déroulait jadis sur les rives de la rivière de Dambovita », selon la page FB du site Sweet Bucharest. Le post poursuit : « Le contour d’une rue perdue commence à prendre forme, la rue de Caldarari (des Chaudronniers), disparue des plans de ville, mais retrouvée désormais dans les profondeurs de la ville. Bucarest, récupère, peu à peu sa propre mémoire. Ces découvertes ne sont pas spectaculaires mais elles surprennent par leur ancienneté et par le rythme avec elles font leur apparition. Ce chantier ne met pas à jour un simple site archéologique mais une partie d’une ville qui se dessine pas à pas». Selon le site Libertatea.ro, « cette rue fait partie d’une artère commerciale importante, indicateur de la vie économique, sociale et culturelle de l’époque », alors que les fragments et les ruines qui ont fait surface « peuvent nous offrir des indices précieux sur les types de commerce, l’architecture de l’époque et même sur les rituels des habitants ». Selon le site d’une télévision privée, il s’agit plus concrètement d’un marché de légumes remontant à l’époque du prince régnant Alexandru Ioan Cuza. Le même article de Libertatea y rajoute une canalisation du 19e siècle dont la réalisation montre « une remarquable capacité de planification urbaine ». Parmi les ruines également : des vestiges de la maison d’un haut fonctionnaire, « une construction massive qui existe sur les plans de Bucarest de 1791 » ainsi que des vestiges d’une activité artisanale intense.
Désormais, les travaux de réhabilitation de la zone se poursuivent, car c’est une des zones les plus circulées de Bucarest et que le trafic y est déjà limité, en créant d’énormes bouchons. Etant donné la structure de la zone et son importance pour le trafic routier, il est très probable qu’un musée ne puisse pas être aménagé sur place. Les vestiges découverts l’année dernière pourraient être mis en valeur par des panneaux numériques montrant des images en 3D des structures archéologiques trouvées, apprend-on sur le site buletindebucuresti.ro qui cite une réponse reçue de la part du ministère de la Culture. On attend toujours le verdict final.
Merci, Paul Jamet de nous avoir invités à réfléchir davantage à ce domaine tellement passionnant.