Bilan du gouvernement par intérim et perspectives politiques.
Cela fera bientôt quatre mois que la Roumanie est dirigée par un gouvernement destitué par motion de censure, qui bénéficie de pouvoirs réduits et peut uniquement gérer les affaires courantes de l’Etat. Mais ces « affaites courantes » se sont rapidement transformées en multiples crises et échéances qui se sont superposées.
Alex Diaconescu, 02.09.2026, 15:05
A commencer par les incursions de drones aériens et maritimes – rappelons que le crash d’un drone russe à Galati a fait deux blessés, en passant par la crise énergétique due au niveau extrêmement bas du Danube et jusqu’à la clôture, avec plus ou moins de succès du programme national de relance et de résilience. Ce fut un été rempli de défis, d’échecs et de quelques réalisations parmi lesquelles on ne saurait ignorer le fait que les agences de notation ont gardé la note de la Roumanie au niveau « recommandé aux investissements », dernier cran avant le « junk ». Bref, le blocage politique n’a pas immobilisé le pays, les élus nationaux ont été à plusieurs reprises convoquées dans le cadre de sessions extraordinaires. Les sénateurs et députés ont réussi à adopter certaines lois jugées cruciales alors que d’autres ont été rejetées et là je pense à la loi de la grille unique des salaires dans le secteur public dont l’échec de son adoption a couté à la Roumanie 770 millions d’euros de fonds européens. Nous allons parler justement des réussites et des échecs des hommes et femmes politiques de Roumanie avec Sergiu Miscoiu, politologue et professeur à l’Université Babes Bolyai de Cluj. Qu’a signifié pour la Roumanie cette période de gouvernement par intérim ? Est-ce que les institutions roumaines se sont avérées plus matures et ont-elles réussi à fonctionner comme si rien ne s’était passé ?
Avec la rentrée scolaire et surtout parlementaire, les jours du cabinet par intérim sont vraiment comptés. Le reconnait même Ilie Bolojan selon lequel la Roumanie a absolument besoin d’un gouvernement aux pleins pouvoirs. Le président Nicusor Dan devrait proposer au Parlement un premier ministre, mais en l’absence d’un accord politique, la Roumanie pourrait organiser des élections parlementaires anticipées pour la première fois dans l’histoire de sa démocratie. Est-ce une solution ?