Des tensions au sein de la coalition gouvernementale
Le PSD poursuit ses attaques contre ses partenaires libéraux de la coalition au pouvoir.
Ştefan Stoica, 30.03.2026, 12:25
Avec près de trois mois de retard, soit un délai historique, le gouvernement roumain a enfin adopté, fin mars, la loi de finances pour l’année en cours. Son élaboration laborieuse et les débats houleux au sein du Parlement ont toutefois alimenté les tensions entre les partis de la coalition au pouvoir. Le Premier ministre libéral Ilie Bolojan a insisté pour un budget réaliste, qui ne prévoie plus d’allocations sans que leurs sources de financement ne soient clairement définies et qui respecte le calendrier de la correction du déficit. Pour sa part, le Parti Social-Démocrate s’est battu avec acharnement pour obtenir certaines mesures de solidarité sociale qui ne bénéficiaient pas de couverture financière, menaçant sans cesse de ne pas voter le budget. Finalement, une partie des mesures proposées se retrouvent dans l’actuelle loi de finances, car des fonds ont été trouvés pour les financer.
Le PSD, mécontent
Cependant, le PSD ne cache plus son exaspération et déclare continuer les consultations au sein du parti quant à l’opportunité de rester au pouvoir. A vrai dire, les sociaux-démocrates ne souhaitent pas rompre avec les libéraux, mais ils aimeraient bien que ceux-ci renoncent à Ilie Bolojan, jugé beaucoup trop rigide par le PSD. Lors d’une visite sur le terrain, le leader social-démocrate Sorin Grindeanu a déclaré qu’il ne fallait pas maintenir une coalition qui fonctionne mal, seulement pour des raisons de stabilité, si celle-ci n’apporte pas la prospérité à la population.
Trois scénarios possibles
Dans ce contexte, Grindeanu a évoqué trois scénarios possibles discutés déjà au sein de son parti: le maintien de l’actuelle configuration avec l’actuel Premier ministre en place, le passage dans l’opposition ou bien, une réorganisation au sein de la coalition. La décision du PSD sera annoncée après les fêtes de Pâques, mais il y a des voix qui se sont déjà prononcées en faveur d’une sortie de la coalition.
Le PSD, qui s’est déjà plaint à Bruxelles de ce qui lui semble être des tentatives de rapprochement entre les libéraux et l’opposition populiste, a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne soutiendrait pas un gouvernement minoritaire et ne s’allierait pas avec l’Alliance pour l’Union des Roumains, qui se qualifie de souverainiste, un scénario que les analystes n’excluent pas. Le Parti National Libéral défend son chef de file, qui est également Premier ministre, et qualifie les actions des partenaires sociaux-démocrates d’aventure politique. Les libéraux affirment haut et fort que le renversement de l’actuel gouvernement suite au vote des sociaux-démocrates équivaudrait à une rupture politique définitive entre le PSD et le PNL.
AUR, 33% des intentions de vote
Le troisième parti de la coalition au pouvoir, l’Union Sauvez la Roumanie, accuse à son tour le PSD de violer le protocole de la coalition et de soutenir l’AUR dans sa démarche de déposer une motion simple contre la ministre de l’Environnement, Diana Buzoianu. On dit que ces trois partis – le PSD, le PNL et l’USR –, auxquels s’est jointe l’Union Démocrate Magyare de Roumanie, sont condamnés à gouverner ensemble pour endiguer la vague populiste. Si des élections législatives avaient lieu dimanche prochain, l’AUR obtiendrait 33 % des voix, suivie par le PSD avec 24 % et le PNL avec 16 %, selon un sondage réalisé par le Centre de sociologie urbaine et régionale (CURS). Viennent ensuite l’USR, avec 9 %, et l’UDMR, avec 5 %. Dans la configuration parlementaire actuelle, mais aussi dans une future configuration résultant d’élections anticipées, toute autre formule de coalition que celle actuelle impliquerait la participation de l’AUR.