Des mesures pour atténuer la hausse des prix des carburants
Le gouvernement de Bucarest s’engage à adopter des stratégies complémentaires pour freiner la hausse des prix des carburants.
Mihai Pelin, 02.04.2026, 12:21
La guerre au Moyen Orient et notamment la crise des carburants perturbent sévèrement l’économie mondiale. En Roumanie, cette crise ne fait que durcir l’impact des mesures d’austérité financière récemment adoptées pour corriger le déficit financier. Le gouvernement s’engage à adopter avant la fin de cette semaine de nouvelles mesures censées bloquer la majoration des prix des carburants. Puisque les normes jusqu’ici mises en place ont eu un impact plutôt symbolique, des dispositions supplémentaires sont actuellement prises en considération.
Deux mesures envisagées
Le ministre des Finances, Alexandru Nazare a précisé que deux mesures sont envisagées : une réduction graduelle des accises et l’adoption du mécanisme de la contribution bénévole. Parmi ces deux idées, une pourrait être adoptée dès la semaine prochaine, a fait savoir M. Nazare :
« Nous avons préparé toutes les options, y compris la réduction progressive des droits d’accise lorsque les cotations internationales et les prix nationaux augmentent. Nous avons également préparé l’option adoptée déjà en 2022, à savoir la contribution volontaire. Nous proposons un montant qui serait complété par les opérateurs du marché, c’est-à-dire exactement le même mécanisme qu’en 2022. »
Un fonds de solidarité
Le ministre a indiqué que le gouvernement se penchait également sur le fonds de solidarité, qui vise les bénéfices exceptionnels réalisés par les entreprises du secteur des carburants. À nouveau, Alexandru Nazare :
« Seuls les bénéfices exceptionnels réalisés en cette période de crise et qui ne sont pas en rapport aux activités courantes des entreprises concernées ressemblent fortement au règlement de 2022, qui traitait précisément de cette question des bénéfices spéculatifs dans le secteur de l’énergie ; c’est là-dessus que nous nous sommes penchés. Nous ne disposons pas, pour l’instant, d’un nouveau cadre européen qui fixe les limites dans lesquelles nous pouvons agir, mais nous avons mis en place les principes de 2022 afin de ne cibler que les profits spéculatifs. À l’heure actuelle, nous avons le choix entre une contribution volontaire ou une réduction des droits d’accise. Une décision en ce sens sera prise au sein de la coalition, afin de respecter le délai fixé ce vendredi et donc, régler cette question liée aux profits spéculatifs.»
Le prix du litre de diesel est descendu
Au début de cette semaine, le Premier ministre Ilie Bolojan annonçait que son gouvernement réduirait d’abord la taxe sur le gazole, car c’est son prix qui a le plus augmenté dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. Ensuite, le chef du gouvernement annonçait aussi son intention de créer un fonds de solidarité auquel contribuent, avec la majeure partie de leurs bénéfices exceptionnels, les compagnies qui extraient du pétrole en Roumanie, le raffinent et le revendent par la suite ici même.
Aux dires de M. Bolojan, ces entreprises ont réalisé des bénéfices sans faire des investissements, mais seulement grâce à la flambée des prix. Toutes ces déclarations interviennent alors que les premières mesures adoptées par le gouvernement pour freiner la hausse des prix des carburants ont commencé à se faire sentir, lundi, à la pompe. Dans certaines stations-service, le prix du litre de diesel est descendu – mais très légèrement – sous le seuil psychologique de 10 lei (environ 2 euros), alors qu’il était d’environ 8 lei en janvier.