Des consultations politiques à Bucarest
Suite à la décision du PSD de retirer son soutien au premier ministre, Ilie Bolojan, le chef de l’Etat roumain a convoqué mercredi les dirigeants des partis membres de la coalition gouvernementale à des consultations.
Daniela Budu, 23.04.2026, 11:46
Le chef de l’Etat roumain, Nicusor Dan a convoqué mercredi, à des consultations, les leaders des partis pro-européens – le Parti social-démocrate, le Parti national libéral, l’Union Sauvez la Roumanie et l’Union démocrate magyare de Roumanie. Les discussions ont eu lieu dans le contexte de la crise gouvernementale provoquée par la décision des sociaux-démocrates de retirer leur soutien politique au chef du gouvernement, le libéral Ilie Bolojan, en provoquant un déséquilibre au sein de la coalition au pouvoir. C’est la deuxième série de pourparlers que le président a eus avec les partis après celle de juin dernier, quand M. Bolojan a été désigné premier ministre. Cette fois-ci, les discussions n’ont débouché sur aucune solution censée résoudre le blocage politique. Le président Dan a lancé un appel au dialogue comme unique moyen de surmonter l’impasse politique.
Il est hors de question de remettre en cause la direction pro-européenne de la Roumanie, a affirmé le chef de l’Etat, tout en ajoutant que le pays reste fonctionnel, malgré les divergences politiques. Nicusor Dan :
« Je pense qu’à ce stade, tous les acteurs politiques ont eu l’occasion d’exprimer leurs mécontentements. La question est de savoir comment nous allons procéder par la suite. Une chose est certaine : quelle que soit la configuration politique, majoritaire ou minoritaire, nous aurons besoin d’un dialogue entre les forces politiques pro-occidentales. Et, au-delà de la crise politique, il faut rassurer les Roumains sur le fait que nous restons un État fonctionnel, malgré les divergences d’opinion au niveau politique. »
Le PSD, prêt à rester au sein de la coalition si Bolojan démissionne
Au terme d’un accord politique de 2025, Ilie Bolojan était censé rester à la tête du gouvernement jusqu’en 2027, quand il devrait passer le relai à un premier ministre désigné par le PSD. Or, lors des consultations de mercredi, les sociaux-démocrates se sont dit prêts à continuer au sein de la même coalition, à condition qu’Ilie Bolojan renonce à son fauteuil. Le responsable du PSD, Sorin Grindeanu, affirme :
« Si l’on ne parvient pas à harmoniser nos points de vue, le Parti social-démocrate pourrait rejoindre l’opposition, tout en sachant que nous ne soutiendrons pas non plus un gouvernement minoritaire. »
Quant aux libéraux, ceux-ci ont profité des consultations de mercredi pour réitérer leur soutien ferme à Ilie Bolojan, chef de file du PNL. D’ailleurs, celui-ci a rejeté l’idée de démissionner. Ilie Bolojan
« J’ai assuré M. le président de la responsabilité de mon parti et de celle personnelle, afin que nous assurions une bonne gouvernance du pays dans un climat de stabilité et de réformes ».
L’USR soutient Ilie Bolojan
Lors des consultations avec le chef de l’Etat, le responsable de l’USR, Dominic Fritz, a réaffirmé le soutien total de son parti à M. Bolojan et à la poursuite des réformes. Dominic Fritz :
« Nous allons continuer à faire partie de ce gouvernement, précisément parce que nous sommes préoccupés par le risque de perdre les 10 milliards d’euros du PNRR et les 16 milliards d’euros du programme SAFE. »
L’UDMR, favorable à un gouvernement minoritaire
De l’avis de Kelemen Hunor, à la tête de l’UDMR, une possible solution serait la mise en place d’un gouvernement minoritaire. Kelemen Hunor:
« On pourrait envisager un gouvernement minoritaire, formé du PNL, de l’USR, de l’UDMR et du groupe des minorités nationales, à condition qu’il bénéficie du soutien, au Parlement, de certains députés et sénateurs à titre individuel. »
Les représentants du groupe parlementaire des minorités nationales n’ont fait aucune déclaration à l’issue de la réunion.