Le gouvernement Bolojan à la veille de la motion de censure.
Ce mardi, à Bucarest, l’Exécutif minoritaire se confronte à une motion de censure initiée, entre autres par les sociaux-démocrates, membres jusqu’alors membres de a coalition gouvernementale.
Corina Cristea, 04.05.2026, 13:56
Au bout de 10 mois de mandat, le premier ministre libéral Ilie Bolojan se confronte à son plus grand défi, une motion de censure, initiée par les sociaux-démocrates, ses anciens partenaires au sein de la coalition gouvernementale qui ont fait une alliance surprenante avec les populistes ultranationalistes de l’Alliance pour l’Union des Roumains, qui se revendique souverainistes. La motion élaborée par les deux partis critique la stratégie de mettre l’ordre dans les finances et l’administration de l’Etat que le premier ministre tente d’appliquer dans le contexte d’un déficit budgétaire particulièrement élevé.
L’arithmétique parlementaire
La motion a réuni 254 signatures des élus du PSD, de l’AUR, de SOS Roumanie, du Parti des Jeunes POT, du groupe PAIX – la Roumanie d’abord et de plusieurs sénateurs et députés non-affiliés. Le nombre de signataires dépasse largement le nombre de voix nécessaires pour que le gouvernement tombe. Les initiateurs de la motion accusent le gouvernement de détruire l’économie, d’appauvrir la population et vendre d’une manière frauduleuse le patrimoine de l’Etat, sous le couvert d’actions visant à rendre plus efficaces les entreprises de l’Etat. En effet, ils affirment que le gouvernement est en train de mettre en œuvre une campagne de vente d’actions appartenant a des entreprises étatique stratégiques la plus importante des deux dernières décennies et invoque le refus du dialogue et le blocage de toute solution rationnelle proposée.
Ilie Bolojan se défend
En guise de réponse suite a l’assaut du Parlement, le premier ministre Ilie Bolojan affirme que ces attaques feraient suite a sa volonté de fermer « la tirelire le d’Etat » et à réduire le gaspillage de l’argent public. Ses résultats après dix mois au pouvoir illustrent une progression dans les recettes budgétaires de 12% et une baisse des dépenses de 3%.
Ilie Bolojan : « Le Premier ministre roumain de cette période n’était pas un dirigeant capable d’accepter le gaspillage ni la transgression des accords. Il ne s’est pas fait remarquer par le manque de sérieux, ni pas la fuite de la responsabilité. Tout le long de cette période, nous avons adopté plusieurs mesures qui évidemment ont dérangé. Pensez que durant des années, le budget d’Etat a été utilisé en tant que source de richesses. » a déclaré Ilie Bolojan.
Le vote sur la motion de censure est prévu pour ce mardi et les libéraux affirment que le sort du gouvernement se décide toujours sur la table des négociations avec chaque élu. Quel que soit le dénuement du vote sur la motion de censure, de nouvelle étapes de consultations entre les dirigeants des principaux partis politiques et le président roumain sont prévus.
Pour ou contre Bolojan?
Des milliers de Roumains sont descendus dans les rues dimanche en soirée à Bucarest et dans d’autres villes du pays afin de soutenir les réformes proposées par le gouvernement Bolojan. Ils affirment faire confiance à Ilie Bolojan, qu’ils décrivent d’intègre, extrêmement sérieux et affirment que les réformes entamées contribueraient au redressement économique de la Roumanie. Selon un sondage du centre de sociologie urbaine et régionale (CURS), réalisé après le départ du PSD de la coalition gouvernementale et le dépôt de la motion de censure aux côtés de l’AUR, 58% des Roumains sont d’avis que le chef du gouvernement devrait démissionner alors que 40% d’entre eux pensent qu’il devrait rester en fonction. Côté intention de vote, si des élections législatives étaient organisées dimanche prochain, les trois premières places seraient occupées par le parti de l’Alliance pour l’Union des Roumains, avec 34%, suivi par le PSD, avec 23% et par le PNL avec 18%. L’Union sauvez la Roumanie est crédité de 10% des voix, suivi par l’UDMR, avec 5%, alors que les autres partis décrocheraient entre 2 et 3% soit des scores électoraux inférieurs au seuil électoral de 5%. La marge d’erreur du sondage est de plus ou moins 3% alors que le tôt de fiabilité de celui-ci est de 95%.
Conséquences de la crise économique sur le taux de change
L’instabilité politique a porté la monnaie nationale, le leu, à son niveau le plus bas de l’histoire – jeudi, dernier jour ouvrable avant le pont du 1er mai, la Banque centrale roumaine affichait un taux de change de 5,14 lei pour un euro.