Après la motion de censure, la Roumanie plonge dans la crise politique
En Roumanie, le gouvernement dirigé par le libéral Ilie Bolojan a été destitué par motion de censure, initiée par les sociaux-démocrates – anciens partenaires d’une coalition gouvernementale tous azimuts réunissant quatre partis et qui se définissaient comme pro-européens. Mais pour renverser le cabinet roumain, les sociaux-démocrates se sont alliés à l’extrême droite.
Alex Diaconescu, 06.05.2026, 19:58
Après avoir adopté plusieurs paquets successifs de mesures d’austérité, le premier ministre libéral Ilie Bolojan a finalement provoqué l’ire de ses partenaires sociaux-démocrates par son intention de réformer des institutions et des entreprises de l’Etat parasitées depuis des décennies par la clientèle politique des partis au pouvoir. Après Pâques, les évènements politiques se sont précipités et le PSD a mis en œuvre ses menaces et quitté la coalition gouvernementale pour se joindre ensuite aux populistes de l’Alliance pour l’Union des Roumains et initier une motion de censure votée mardi par une majorité confortable des sénateurs et députés. Désormais c’est au président roumain Nicusor Dan d’entamer des consultations avec les principaux partis parlementaires et de proposer un premier ministre. Malgré des propos rassurants énoncés mardi en soirée – « Nous aurons un nouveau gouvernement pro-occidental, dans un délai raisonnable » – la mission du chef de l’Etat est très difficile, presqu’impossible, à cause de l’actuelle arithmétique parlementaire et des repositionnements des principaux acteurs politiques. Quelles sont les options du président Dan ? Est-il capable de provoquer une nouvelle scission au sein du Parti national libéral, afin de refaire une alliance entre sociaux-démocrates et libéraux? Quels sont les risques découlant d’une alliance entre les deux premiers partis du Parlement roumain, le PSD et l’AUR? Dans quelles conditions le président roumain peut convoquer des élections anticipées ?
Nous allons décortiquer toutes ces évolutions et répondre à toutes ces questions avec le politologue Sergiu Miscoiu, professeur à l’Université Babes Bolyai de Cluj.