L’économie en récession
L’économie roumaine est entrée officiellement en récession technique, après une baisse du PIB pendant deux trimestres consécutifs.
Sorin Iordan, 14.05.2026, 11:37
L’économie de la Roumanie a baissé au premier trimestre de cette année de 0,2% par rapport au dernier trimestre de l’année d’avant, a annoncé mercredi l’Institut national de la statistique. En 2025, le pays a enregistré une croissance du PIB réel de 0,7% par rapport à 2024, mais durant les trois derniers mois de 2025, le PIB a diminué de 1,8% par rapport au trimestre d’avant. Ainsi, au bout des deux trimestres consécutifs durant lesquels la baisse a été de 1,8 et respectivement 0,2%, le pays est entré en récession. En Europe, seules la Roumanie et l’Irlande ont enregistré un déclin économique dans le contexte où, au premier trimestre de 2026, le PIB a connu une majoration de 0,8% dans la zone euro et de 1% dans l’UE par rapport à la même période de 2025.
Le taux d’inflation s’envole
Et parce qu’une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, l’INS annonce qu’en Roumanie, le taux annuel d’inflation est passé de 9,87% en mars à 10,7 en avril et cela dans le contexte où ce taux est de seulement 3% dans le reste des pays européens. Les majorations des prix les plus significatives enregistrées cette dernière année touchent principalement les services et les produits non alimentaires, avec une hausse de plus de 50%, l’électricité, 44% ou encore le diesel, 33%. Des baisses de prix rapportées cette année par rapport à 2025 concernent certains aliments, tels les pommes de terre, les haricots, la farine ou encore le maïs. En revanche, la majoration des prix des œufs, du café, de la viande de bœuf ou des fruits frais a entrainé une hausse de 7% des prix des produits alimentaires en général.
L’économie roumaine n’est pas performante
Dans une déclaration pour Radio Roumanie, le président de la CFA Roumanie (l’association locale des professionnels dans les investissements qui détiennent le titre international de Chartered Financial Analyst), Adrian Codirlaşu, a affirmé que l’inflation a été alimentée par le déficit budgétaire particulièrement élevé, ce qui a entraîné la hausse des taux d’intérêt et des taxes et a porté atteinte à la consumation et aux investissements. Selon lui, une autre raison responsable de l’actuelle situation est la crise du Moyen Orient qui a provoqué la flambée des prix, conséquence de la majoration des tarifs des carburants.
Tous ces chiffres inquiétants nous parviennent à un moment où l’économie roumaine n’est pas performante. Selon Eurostat, la Roumanie figure parmi les pays européens ayant enregistré le déclin le plus sévère de sa production industrielle et de services.
Une réunion de politique monétaire prévue vendredi
L’automne dernier, la Commission nationale chargée de la Stratégie et les Prévisions estimait pour 2026 une croissance économique de 1%, la Commission européenne tablait, elle, sur une hausse du PIB de 1,1%, tandis que la Banque mondiale et le FMI prévoyaient des majorations de 0,5% et respectivement 0,7%. En février dernier, la Banque centrale de Roumanie a révisé à la hausse de 3,7 à 3,9% ses prévisions inflationnistes pour la fin de l’année et a anticipé un taux d’inflation de 2,7% à la fin de 2027. Vendredi, la BNR aura une réunion de politique monétaire lors de laquelle on s’attend à ce que l’institution maintienne le taux directeur à 6,5% jusqu’à la fin de l’année, dans le contexte de la dépréciation de la monnaie nationale, le leu, et de la trajectoire inflationniste.