L’OTAN et l’adaptation à la guerre du futur
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, souhaite que le montant de l’aide destiné à l’Ukraine s’élève à un pourcentage fixe du PIB dans chaque Etat allié.
Roxana Vasile, 21.05.2026, 12:38
La ville suédoise d’Helsingborg accueille ce week-end la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN, la dernière avant le sommet d’Ankara. En préambule à cette réunion, le secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, a déclaré que l’organisation devait se préparer aux nouvelles réalités de la guerre moderne, dont notamment à la menace des drones. Il a fait référence à l’intervention, mardi dernier, d’un avion de chasse roumain F-16 en mission de police du ciel de l’OTAN dans la région baltique afin d’abattre un drone ayant pénétré l’espace aérien estonien.
« Il s’agissait d’un drone ukrainien, mais il n’aurait pas été là sans l’agression russe. En résumé, les systèmes de défense aérienne de l’OTAN ont une fois de plus prouvé leur efficacité et nous continuerons d’améliorer notre capacité à faire face à toute menace contre notre territoire ou notre population », a déclaré Mark Rutte.
Il a ajouté que c’était précisément le type de situation pour laquelle les alliés s’entraînaient et se préparaient, soulignant que l’OTAN adaptait constamment ses capacités pour répondre aux nouvelles menaces.
Selon lui l’expérience de la guerre en Ukraine, où l’utilisation de drones est devenue un élément central du conflit, est intégrée dans la manière dont l’OTAN développe ses systèmes de défense. Quant à la question plus générale de la meilleure façon de contrecarrer les drones, cela dépend de la situation, a déclaré Mark Rutte. A son avis, il faut déterminer si des avions de chasse ou d’autres systèmes sont nécessaires. Quoi qu’il en soit, selon lui, la priorité de l’OTAN est de renforcer ses capacités de défense aérienne et de lutte anti-drones sur son Flanc est, ainsi que d’améliorer la coordination entre les Etats-membres afin de réagir rapidement à de situations similaires.
Mark Rutte a également évoqué la proposition d’aider l’Ukraine d’un montant s’élevant à 0,25 % du PIB national de chaque pays membre de l’OTAN. Selon le correspondant de Radio Roumanie ausiège de l’Alliance à Bruxelles, cette proposition a été rendue publique ce mois-ci, mais ce montant n’est pas nouveau. Les Pays Baltes en discutent depuis plus de trois ans, y compris au sein des réunions de l’Union européenne. La proposition a été mal accueillie par certains alliés, mais Mark Rutte a exprimé l’espoir qu’une fois ce débat ouvert, l’aide à Kiev serait plus cohérente et que les membres de l’OTAN répartiraient les coûts plus équitablement.
Des Etats tels les Pays-Bas, l’Allemagne, le Danemark, la Suède, la Norvège et le Canada supportent l’essentiel des aides via le programme PURL (Liste des besoins prioritaires de l’Ukraine), crucial pour le pays, a précisé Mark Rutte. Les aides versées à l’Ukraine dans le cadre de ce programme s’élèvent actuellement à plus de 4,5 milliards de dollars. La Roumanie y a contribué avec 50 millions de dollars. « Je souhaite que les alliés soient tout à fait honnêtes les uns envers les autres, le jour où nous nous attendons tous à partager l’effort » a déclaré Mark Rutte.