Quelles perspectives pour l’économie roumaine ?
Le déficit de la balance commerciale de la Roumanie a baissé de 7 % au cours des 4 premiers mois de l’année, ces chiffres ne reflètent pourtant pas exactement l’état de l’économie nationale, estiment les spécialistes.
Sorin Iordan, 10.06.2026, 13:39
Clin d’oeil sur les exportations et les importations
Le déficit de la balance commerciale de la Roumanie a diminué de 7 % au cours des 4 premiers mois de l’année, par rapport à la même période de 2025. Selon les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS), cet indicateur s’est situé à 10,8 milliards d’euros, soit une baisse de 818,6 millions d’euros. Durant la période analysée, les exportations ont progressé de 1,9 %, approchant les 32 milliards d’euros, tandis que les importations ont reculé de 0,5 %, pour tourner autour des 42,8 milliards d’euros. Ce sont le secteur automobile et celui des équipements de transport qui ont continué de dominer le commerce extérieur, comptant pour près de la moitié des exportations roumaines et pour plus d’un tiers des importations. A noter aussi que près de 75 % des échanges commerciaux ont été réalisés avec les Etats-membres de l’Union européenne.
Un bon signe, mais pas suffisant
Selon le président de l’Association nationale des exportateurs et importateurs de Roumanie, Mihai Ionescu, ces nouvelles données sont un bon signe, mais cela ne suffit toujours pas pour stimuler la croissance économique. Concrètement, explique-t-il, le rythme 1,9 % de croissance des exportations ne peut pas assurer la relance économique, alors qu’une diminution accentuée des importations n’est pas forcément une bonne nouvelle, car il s’agit de matières premières pour la plupart, de composantes et d’équipements nécessaires à l’industrie roumaine. Plus encore, à en croire les chiffres relatifs au mois de mai 2026, l’industrie roumaine, qui compte pour la plupart des exportations de la Roumanie, ne donne pas trop de signes de revigoration, précise Mihai Ionescu.
De leur côté, les analystes financiers estiment que la réduction du déficit commercial par la diminution massive des importations n’est pas une raison d’être optimistes. Et pour cause : la correction n’est pas le résultat d’une forte croissance de la compétitivité de l’économie, mais de la baisse de la consommation intérieure, autre signe que l’économie nationale ne se porte par très bien.
Une croissance économique plutôt lente à l’avenir
La Commission Nationale de Stratégie et des Pronostics le confirme. Elle table sur une croissance économique de 0,1 % seulement en 2026, soit une baisse de 0,9 % par rapport aux estimations précédentes. Par conséquent, cette année, le PIB de la Roumanie devrait atteindre les 2 056 milliards de lei (environ 411 milliards d’euros), à la différence de 1 916 milliards de lei en 2025. Pour l’année prochaine, la Commission prévoit un PIB de 2 201 milliards de lei, soit une avancée de 2,2 % de l’économie roumaine, puis un progrès de 2,8 % en 2028 avant de se tempérer à 2,1 % en 2029.
Des risques qui pourraient détériorer les équilibres macro-économiques
Quant aux principaux indicateurs macroéconomiques, la Commission Nationale de Stratégie et des Pronostics a révisé à la hausse ses prévisions pour le taux moyen d’inflation annuelle en 2026, à 7,9 % cette année, soit 1,4 % de plus que prévu l’automne dernier. Pour l’année prochaine, l’institution table sur un taux moyen d’inflation annuelle de 3,8 %, puis sur 3% en 2028 et, enfin, sur 2,8 % en 2029. Cependant, la Commission met en garde contre le fait qu’un niveau élevé d’incertitude plane au-dessus de ses pronostics, étant donné le conflit au Moyen Orient qui persiste, l’arrêt des normes de consolidation budgétaire ou encore le durcissement des politiques commerciales internationales. Autant de risques qui pourraient détériorer les équilibres macro-économiques. (trad. Valentina Beleavski)