Surfer sur la vague de la professionnalisation
Tiberiu Balica, fondateur de Surf Academy, parle de la professionalisation du surf en Roumanie, un pays où ce sport était encore très peu pratiqué il y a une dizaine d'année
Ana-Maria Cononovici, 22.09.2026, 10:08
Aujourd’hui nous parlons sport, et plus particulièrement d’un sport qui n’est pas si commun en Roumanie : le surf. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les surfeurs roumains pourraient avoir bientôt leur propre Fédération. Pour en savoir davantage, et comprendre où en est le surf dans notre pays, qui le pratique et où, nous avons invité au micro de RRI, Tiberiu Balica le fondateur de Surf Academy, la première école de surf roumaine. Ses premiers cours remontent à 2013 et depuis, la communauté des surfeurs roumains n’a fait que se développer. Tiberiu Balica raconte :
« Notre communauté grandit. Sans doute, le nombre de personnes intéressées n’est pas exhaustif et les conditions pour pratiquer le surf en Roumanie ne sont pas constantes. Mais parfois, il est possible de faire du surf dans la mer Noire. Aussi surprenant que cela puisse paraître, notre communauté a fait ses débuts dans ce sport dans une piscine à vagues. Pour faire du surf, on n’a pas besoin d’une mer très agitée, une vague suffit pour apprendre à monter sur sa planche. On peut tout aussi bien l’essayer dans une rivière ou un lac. Mais en fait, c’est très facile de débuter avec quelques premiers cours dans un milieu contrôlé telle une piscine artificielle dans un parc aquatique. En fait, c’est là que le surf a fait ses débuts en Roumanie. Plus tard, on n’a plus eu la possibilité de continuer nos entraînements dans la piscine, mais, heureusement, les conditions en mer Noire se sont améliorées. »
Le littoral roumain, un environnement peu favorable au surf, à quelques exceptions près
Voilà comment un territoire autrefois si peu propice au surf, commence à changer. Quelle est la zone la mieux adaptée pour pratiquer ce sport sur le littoral roumain de la mer Noire ? Tiberiu Balica explique :
« Le meilleur endroit est la plage de Modern, près du port de Tomis (dans le département de Constanta). C’est là que les digues et des bancs de sable sont les mieux placés et orientés, de sorte à nettoyer l’eau qui y pénètre et d’y donner l’énergie nécessaire. C’est là, dans le golfe de Mondern que vous trouverez les meilleures vagues pour faire du surf. Au large, les vagues se multiplient. Certaines s’arrêtent, brisées par les digues et seules les vagues très fortes arrivent aux bancs de sable qui les rendent propices au surf. C’est là que nous nous entraînons. En fait, les endroits pour pratiquer ce sport ne sont pas trop nombreux sur le littoral roumain. Il y en a aussi plus au sud, vers les stations de Doi Mai, Vama Veche ou Eforie. Mais là-bas les vagues sont plutôt difficiles à maîtriser ».
Malgré ces difficultés, Tiberiu Balica nous encourage vivement à tenter notre chance avec ce sport :
« N’importe qui peut faire du surf. On n’a pas besoin de vagues trop grandes, ni de chercher une mer plus profonde. On peut très bien apprendre dans une eau peu profonde. Il n’est même pas nécessaire de savoir nager. Il suffit d’avoir le courage, de prendre la décision de s’y mettre et d’essayer une nouvelle activité. Certes, ceux qui ne savent pas nager ont besoin de davantage de courage pour dépasser leur peur et nous sommes là pour les accompagner à surmonter cette difficulté. Somme toute, en plus de ses avantages physiques, le surf peut s’avérer une véritable thérapie, car il a de nombreux effets psychologiques très bénéfiques ».
Un sport qui peut se pratiquer toute l’année !
Et ce n’est pas tout. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce n’est pas un sport saisonnier, affirme notre invité :
« On peut le pratiquer en toute saison. C’est le confort qui fait la différence entre l’été et l’hiver. Evidemment, 95 % des surfeurs nous rejoignent en été. Mais en hiver les conditions sont meilleures car les vagues ont davantage d’énergie et sont plus grandes. Bref, pour quelqu’un qui s’y connaît, l’hiver est plus propice au surf que l’été. Mais, en même temps, c’est plus difficile et moins confortable. En plus, il faut aussi se doter d’un équipement différent et avoir beaucoup de résistance au froid ! Cagoule, gants, bottes, il faut de tout ! »
Vu l’engouement croissant pour ce sport atypique en Roumanie, les surfeurs roumains aimeraient aussi avoir leur propre Fédération. Pour y parvenir, il faut que les clubs sportifs et les organisations départementales s’associent et obtiennent l’avis favorable de l’Agence nationale pour le Sport (ancien ministère de la Jeunesse et du Sport). Il faut aussi que ce sport soit officiellement reconnu en Roumanie. Pour l’instant, quelques noms manquent encore sur la liste de 10 clubs qui doivent s’associer pour pouvoir créer une Fédération roumaine de surf. En attendant, les surfeurs se préparent pour la grande tempête de la mer Noire pour organiser une nouvelle édition de leur concours ! Tiberiu Balica conclut :
« Nous essayons de développer le côté professionnel de ce sport, notamment par la création d’une Fédération roumaine de Surf. Parallèlement, chez Surf Academy, nous organisons un concours qui réunit depuis 6 ans déjà l’ensemble de la communauté de surfeurs. Chaque septembre, tous les pratiquants de surf se réunissent pour ce concours, répartis par catégories de niveau. »
Peu à peu, un sport inexistant en Roumanie il y a encore quelques années commence à rassembler une communauté de plus en plus grande. Nous souhaitons aux surfeurs roumains de belles vagues en mer Noire et nous promettons de suivre de près leurs performances ! (trad. Valentina Beleavski)