Négociations sur la prochaine formule gouvernementale
Alors que la crise politique se poursuit en Roumanie, les principaux acteurs politiques poursuivent les négociations en vue de l’installation d’un nouveau gouvernement.
Florentin Căpitănescu, 25.09.2026, 14:06
Dans un contexte interne compliqué, dans lequel l’installation d’un gouvernement de plein exercice et appuyé par une majorité parlementaire clairement définie semble être une mission impossible, les négociations entre les principaux acteurs politiques se poursuivent à Bucarest. Le premier ministre désigné, Siegfried Muresan, un eurodéputé libéral expérimenté, a expliqué la structure, la composition et les principales directions du programme que son cabinet mettra en place.
Un programme de gouvernement extrêmement ambitieux
Ainsi, selon Mureșan, l’équipe dirigeante qu’il proposera comprendra des représentants du PNL (son propre parti), de l’USR et de l’UDMR. Le programme gouvernemental et la liste des ministres proposés seront finalisés d’ici la fin de la semaine, afin que les auditions au Parlement et le vote en séance plénière puissent avoir lieu en début de la semaine prochaine.
Il a expliqué ses principaux objectifs : « La réforme de l’Etat, tant au niveau de l’administration centrale que locale, est essentielle. Nous aurons un gouvernement composé de seulement trois vice-premiers ministres, nous réduirons le nombre de parlementaires, nous comptons fusionner les agences et institutions aux compétences redondantes, et il y aura moins d’institutions et moins de bureaucratie au niveau central. Nous achèverons la réforme des retraites et nous rationaliserons les entreprises publiques, qui ont été une source de pertes jusqu’ici. Je souhaite qu’elles fournissent des services de qualité et accessibles à la population. Plus de 90 % des aides d’Etat sont versées à 5 ou 6 entreprises des secteurs des transports et de l’énergie ; il est impératif de les rendre plus efficaces ».
L’opposition ne soutient pas le gouvernement
De l’autre côté de la barricade, l’on retrouve le PSD, parti majoritaire à l’Assemblée législative actuelle, et l’AUR, qui ont annoncé ne pas voter pour le gouvernement de Siegfried Mureșan. Le chef du PSD, Sorin Grindeanu, a réaffirmé la position de son parti, qui a demandé à Siegrfried Mureșan de renoncer au mandat que le président lui avait confié.
« Le Parti social-démocrate, dans l’état actuel des choses, ne votera évidemment pas pour ce gouvernement, ce qui raccourcirait les délais. Après cette mascarade de nomination, Siegfried Vasile Mureșan, il est impératif de trouver une solution sérieuse et de former rapidement un gouvernement. »
Le président exhorte les partis à négocier
Par ailleurs, du haut de ses fonctions présidentielles, Nicușor Dan exhorte les partis concernés à rester ouverts au dialogue et à la négociation afin d’éviter des élections anticipées.
Nicușor Dan : « Je souhaite que ce processus de formation du gouvernement se poursuive et aboutisse. Je souhaite que les partis soient ouverts au dialogue et à la négociation, ce qu’ils n’ont guère démontré jusqu’à présent. Je ne veux pas d’élections anticipées, car cela signifierait quatre, cinq, voire six mois de chaos, d’affiches électorales, de débats électoraux, de sondages, et bien sûr, de querelles légitimes entre les partis. La Roumanie n’a pas besoin de tout cela. »
Conformément à l’arithmétique parlementaire M Mureșan compte sur 170 voix de la part du Parti national libéral, de l’Union sauvez la Roumanie et de l’Union démocrate magyare de Roumanie sur les 233 nécessaires pour que son gouvernement puisse être investi. De l’avis des analystes politiques, l’installation de son cabinet est un objectif extrêmement audacieux.