Călin Georgescu, détention provisoire
La Cour d'appel de Bucarest a ordonné l'arrestation de l'ancien candidat à la présidentielle Călin Georgescu pour une durée de 30 jours
Leyla Cheamil, 30.09.2026, 12:09
L’ancien candidat à la présidence roumaine Călin Georgescu a été placé mardi en détention provisoire pour 30 jours par la Cour d’appel de Bucarest, dans le cadre d’une enquête portant sur une fraude présumée de 1,1 million d’euros et la constitution d’un groupe criminel organisé. La même mesure a été ordonnée à l’encontre de l’homme d’affaires Ionel Rusen, présenté comme l’un de ses complices et impliqué dans la collecte de fonds pour la campagne de Georgescu lors de la présidentielle de 2024. La décision, définitive, fait suite au recours du parquet antimafia, la DIICOT, contre le placement des deux hommes sous contrôle judiciaire prononcé la semaine précédente par le Tribunal de Bucarest. Călin Georgescu et Ionel Rusen avaient été retenus pendant 24 heures le 21 septembre, après des perquisitions menées notamment au domicile de l’ancien candidat à Mogoșoaia, près de Bucarest. Selon les procureurs, l’enquête a été ouverte à la suite de la plainte d’un homme d’affaires de Buzău, Răzvan Leu, qui affirme avoir été escroqué de plus d’un million d’euros dans le cadre d’un projet d’investissement dans les métaux précieux. Il aurait été approché pour participer à une opération nécessitant une ligne de crédit de six millions d’euros. Une garantie d’un million d’euros lui aurait été demandée, avant qu’une somme supplémentaire de 100 000 euros ne lui soit réclamée, au motif que le montant du crédit pouvait être porté à 15 millions d’euros. Le prêt n’a finalement jamais été accordé. Après la première décision de placement sous contrôle judiciaire, la DIICOT a fait saisir à titre conservatoire la villa de Georgescu à Mogoșoaia afin de garantir le recouvrement du préjudice allégué. Les enquêteurs ont également exploré des pistes à l’étranger, notamment en Italie, en Lettonie, au Royaume-Uni et en Suisse. Les investigations portent notamment sur le rôle d’un ressortissant italien, Massimiliano Arena, présenté aux victimes comme représentant d’une banque suisse.
Une affaire au cœur des tensions politiques roumaines
La mise en détention de Călin Georgescu intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. L’annonce a suscité des réactions contrastées, plusieurs dizaines de ses partisans s’étant rassemblées devant le tribunal pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une procédure injuste et affirmer leur soutien à l’ancien candidat. D’autres voix mettent au contraire l’accent sur la gravité des accusations formulées par les procureurs et sur la nécessité de faire toute la lumière sur les mécanismes de financement entourant sa campagne. Le dossier judiciaire vient ainsi s’ajouter à deux autres procédures visant Călin Georgescu. Le premier concerne des faits liés à une possible atteinte à l’ordre constitutionnel, tandis que le second porte sur la promotion de figures et de doctrines fascistes ou légionnaires. Georgescu conteste les accusations portées contre lui. Son parcours politique reste par ailleurs indissociable de la crise électorale de 2024. Arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle, Călin Georgescu avait vu le scrutin annulé par la Cour constitutionnelle roumaine, sur fond d’allégations d’ingérence étrangère et de campagnes de désinformation. Les autorités roumaines avaient notamment fait état de cyberattaques et d’une opération d’influence attribuée à la Russie, accusations rejetées par Moscou. Le scrutin a finalement été réorganisé en mai 2025 et remporté par le pro-européen Nicușor Dan. Entre-temps, Georgescu avait été empêché de se présenter à nouveau.