Nomination d’un quatrième Premier ministre
A l'issue des consultations avec les partis politiques parlementairesle président Nicusor Dan a nommé un nouveau Premier ministre.
Florentin Căpitănescu, 06.10.2026, 13:24
Cinq mois après la chute du gouvernement roumain, suite à une motion de censure au Parlement, le chef de l’Etat Nicusor Dan a désigné pour la 4e fois un nouveau Premier ministre. Le nouveau candidat est Luca Niculescu, un journaliste sans couleur politique, dont la carrière a pris un tournant diplomatique lorsqu’il a été nommé ambassadeur de Roumanie en France en 2016. Ces dernières années, il a coordonné le processus complexe d’adhésion de la Roumanie à l’OCDE.
Lundi, suite aux consultations avec les partis parlementaires, le président Nicusor Dan a annoncé son nouveau choix, soulignant la nécessité pour la Roumanie d’avoir un gouvernement dans les plus brefs délais, car une incertitude politique encore prolongée ne peut qu’avoir des conséquences néfastes. Nicusor Dan :
« J’ai choisi la personne qui a les meilleures chances de former une majorité. M. Niculescua la liberté de décider, après des pourparlers approfondis avec les partis, de la formule d’un gouvernement politique ou technocrate. La majorité parlementaire est essentielle. J’ai la garantie qu’un gouvernement dirigé par Luca Niculescu maintiendra l’orientation pro-occidentale de la Roumanie et respectera les objectifs financiers ainsi que tous les engagements assumés par le pays. »
De son côté, le premier ministre désigné, Luca Niculescu, a déclaré que sa première mission serait de constituer une majorité qui voterait pour un gouvernement profondément ancré dans l’orientation européenne et euro-atlantique de la Roumanie. Il a aussi détaillé les orientations de son mandat, si le Parlement approuve la composition de l’équipe dirigeante qu’il proposera :
« Je ne peux pas promettre de miracles, mais je peux promettre une gestion rigoureuse des finances publiques, une économie prédictible, le respect des engagements de la Roumanie, des investissements et des réformesacélérés et un Etat qui fonctionne le mieux que possible au servicesses citoyens, c’est-à-dire de tous les Roumains. »
Le premier ministre nouvellement désigné a aussi énuméré les prochains pas à faire : avoir des pourparlers avec les groupes parlementaires, présenter le programme gouvernemental, former le cabinet, participer aux auditions des ministres proposés devant les commissions parlementaires et enfin au vote en séance plénière.
Pourtant, la formation de son gouvernement s’annonce dès le départtrès difficile. Le Parti Social-Démocrate (dans l’opposition de gauche), qui détient le plus grand nombre de sièges au Parlement de Bucarest, n’a pas caché son mécontentement quant au choix du président. L’Alliance pour l’Union des Roumains (dans l’opposition populiste-nationaliste d’extrême droite) a déjà annoncé qu’elle ne pas voter pour un Exécutif dirigé par Luca Niculescu. Le Parti National Libéral et l’Union Sauvez la Roumanie (tous deux de centre-droit) attendent le programme du gouvernement avant de s’exprimer et refusent toujours la présence de sociaux-démocrates au sein d’un futur Exécutif. Enfin, l’Union Démocrate Magyare de Roumanie, qui a confirmé qu’elle ne plus participer à aucune coalition gouvernementale, reste dans l’expectative.
Dans ce contexte, le 4e premier ministre désigné est contraint de naviguer parmi les intérêts des partis parlementaires et les profondes dissensions qui les opposent.