La semaine du 19 au 25 octobre 2026
La Roumanie a enfin un nouveau gouvernement / La Roumanie a le déficit budgétaire le plus important de l’UE selon Eurostat / Réunion du Conseil suprême de défense nationale à Bucarest / Le nouveau gouvernement roumain réitère son soutien à l’Ukraine voisine
Fromenteaud Charlotte, 25.10.2026, 10:00
La Roumanie a de nouveau un gouvernement
Depuis cette semaine, la Roumanie dispose enfin d’un gouvernement de pleins exercice, après la destitution du précédent le 5 mai dernier, par le Parlement, à la suite d’une motion de censure. Dirigé par le libéral Ilie Bolojan, l’ancien exécutif – formé par le )Parti national libéral (PNL, l’Union sauvez la Roumanie (USR) et l’Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) – a fonctionné par intérim pendant plus de cinq mois, période durant laquelle le président du pays, Nicușor Dan, a désigné sans succès trois Premiers ministres chargés de rassembler une majorité et de faire adopter un nouveau gouvernement par le Parlement : le premier candidat a démissionné avant même de se présenter devant le Parlement avec son équipe et son programme, tandis que les deux suivants n’ont pas obtenu les voix nécessaires à leur investiture. Le résultat tant attendu n’est intervenu qu’à la quatrième nomination. Le gouvernement proposé par le journaliste et ancien diplomate Luca Niculescu a reçu, mardi, le vote de confiance du Parlement, avec 280 voix pour, soit 47 de plus que le seuil requis. Outre le déblocage auquel elle a mis fin, l’investiture du nouveau gouvernement a redessiné le paysage politique. Le Parti social-démocrate (PSD), première force politique du pays, est le seul à avoir intégré le gouvernement et détient, au sein du nouveau cabinet, 11 ministères, les 6 autres étant occupés par des indépendants. En d’autres termes, l’opposition compte désormais quatre formations : les trois anciens partis au pouvoir, le PNL, l’USR et l’UDMR, ainsi que le parti d’extrême droite l’Alliance pour l’union des Roumains (AUR). Le PNL et l’UDMR ont voté en faveur du gouvernement Niculescu sur la base d’un accord politique conclu à titre de solution temporaire pour une période de transition. Les députés de l’USR ont voté contre, tandis que l’AUR s’est abstenue. La nouvelle configuration du Parlement montre que le gouvernement actuel devra diriger le pays avec le soutien d’une minorité. Le Premier ministre Luca Niculescu a évoqué la nécessité d’améliorer le niveau de vie des Roumains et de protéger les plus vulnérables ; il a promis de relancer l’économie et de créer des emplois. Il a affirmé que le budget pour l’année prochaine constituait une priorité majeure du gouvernement, qui doit respecter l’objectif de déficit tout en soutenant la relance économique et les mesures sociales.
Des politiques d’austérité inefficaces ?
À peine un jour après l’investiture du nouveau gouvernement, Eurostat a classé la Roumanie en tête de l’Union européenne en matière de déficit budgétaire pour l’année 2025, avec 7,8 %, tandis que la dette publique a atteint près de 60 % du PIB. Par ailleurs, la Roumanie a enregistré au deuxième trimestre 2026 un déficit de 9,2 %, alors que, au cours des trois premiers mois de l’année, cet indicateur s’élevait à 5,5 %. Le ministère des Finances a précisé que ces derniers chiffres étaient corrigés des variations saisonnières et ne correspondaient pas au déficit cumulé depuis le début de l’année. Le rapport d’Eurostat a immédiatement déclenché une tempête politique dans le pays. « Les Roumains ont été tourmentés pour rien par des hausses d’impôts et de taxes ! » – s’est indigné le Parti social-démocrate (PSD), qui, contestant la politique d’austérité de l’ancien Premier ministre Ilie Bolojan, a déposé, le 5 mai, la motion de censure qui a renversé le gouvernement qu’il dirigeait et dont le PSD faisait auparavant partie. De retour au pouvoir, les sociaux-démocrates réaffirment ce qu’ils avaient déjà reproché : sous le mandat d’Ilie Bolojan, la Roumanie est devenue la championne européenne incontestée des mauvais résultats : le plus gros déficit, la plus forte inflation, la plus forte baisse de la consommation et le plus fort recul économique. Dans un bilan de fin de mandat, l’ancien Premier ministre libéral a déclaré qu’au contraire, il avait réduit le déficit tant l’année dernière que cette année et évité la dégradation de la note de la Roumanie par les agences de notation financières. Il a reconnu que l’économie avait connu un ralentissement et que les Roumains avaient réduit leur consommation, mais il a fait valoir que l’ancienne croissance était toxique, car elle reposait exclusivement sur l’argent emprunté.
Réunion du Conseil suprême de défense nationale à Bucarest
Le Conseil suprême de défense nationale a débattu jeudi, à Bucarest, des mesures visant à renforcer davantage la sécurité en mer Noire, à défendre les eaux territoriales et les infrastructures critiques, ainsi qu’à garantir la sécurité de la navigation commerciale. La réunion a été convoquée par le président Nicușor Dan à la suite d’une série d’attaques attribuées à la Russie contre des navires commerciaux au large des côtes de la Roumanie et de la Bulgarie, y compris dans les eaux territoriales. Ces attaques ont fait des victimes. Les membres du Conseil suprême de défense nationale ont souligné que la sécurité de la mer Noire constitue un élément essentiel de la sécurité nationale et euro-atlantique et que la Roumanie continuera d’agir en étroite coordination avec ses alliés et partenaires afin de protéger ses intérêts nationaux et d’empêcher toute escalade. Les dernières évolutions en mer Noire et les mesures concrètes visant à renforcer la sécurité et à protéger la navigation, le commerce et les infrastructures énergétiques ont également été abordées à Bruxelles, lors de la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord. À Strasbourg, les attaques de la Russie contre des navires marchands au large de la Roumanie et de la Bulgarie ont été au cœur des débats au Parlement européen, qui a adopté une résolution demandant à l’Union européenne d’envisager le déploiement d’opérations navales en mer Noire. Cette résolution, adoptée à une large majorité, condamne les récentes attaques contre des navires marchands civils, qui s’inscrivent dans le cadre de l’escalade de la guerre contre l’Ukraine.
Le nouveau gouvernement roumain réitère son soutien à l’Ukraine voisine
Le nouveau gouvernement de Bucarest réaffirme l’engagement de la Roumanie à devenir une plaque tournante logistique, économique et stratégique pour la reconstruction de l’Ukraine et souligne que les entreprises roumaines disposent de l’expertise, de la détermination et de la proximité géographique nécessaires pour s’impliquer dans ce projet. Ce message a été transmis à l’occasion de la troisième édition de la conférence internationale « Reconstruction de l’Ukraine : sécurité, opportunités, investissements », organisée à Bucarest par le groupe de réflexion New Strategy Center. Il affirme que la Roumanie n’offre pas seulement un corridor de transit sûr, mais constitue également une plateforme stable pour les entreprises internationales qui souhaitent participer au plus vaste effort de reconstruction depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon une étude, la proximité de la Roumanie avec le sud de l’Ukraine, une région extrêmement touchée, doit être mise à profit par le biais de grands projets d’infrastructures routières, maritimes et ferroviaires.