Le PNRR, amortisseur clé de la croissance économique roumaine
La Roumanie a reçu près de 11 milliards d'euros dans le cadre du PNRR, soit la moitié du montant total renégocié.
Ştefan Stoica, 04.02.2026, 12:09
La croissance économique de la Roumanie sur la période 2022-2024 aurait été inférieure de 1,2 point de pourcentage en l’absence du Plan national de relance et de résilience (PNRR), selon une analyse publiée par la Banque nationale de Roumanie (BNR). L’institution souligne que les fonds européens, qu’ils proviennent du PNRR ou du cadre financier pluriannuel classique, ont joué un rôle déterminant dans l’atténuation des effets économiques négatifs de la pandémie de COVID-19 et dans le soutien à la reprise. Le rapport met toutefois en lumière plusieurs retards dans la mise en œuvre du PNRR, causés par des chocs exogènes majeurs, notamment la flambée généralisée des prix liée aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et les conséquences économiques de la guerre en Ukraine. À ces facteurs se sont ajoutées des limites structurelles, en particulier une capacité administrative insuffisante, qui ont ralenti le rythme des investissements et des réformes. Ces dysfonctionnements ont entraîné des retards dans le dépôt des demandes de paiement et, par la suite, dans le processus de renégociation du plan, indique l’étude de la BNR. Les auteurs précisent que, jusqu’à la fin du mois de novembre de l’année dernière, la Roumanie avait réussi à attirer environ la moitié de l’allocation renégociée du PNRR, estimée à 21 milliards d’euros.
Obstacles administratifs et course contre la montre en 2026
L’année 2026 est présentée comme décisive pour l’achèvement des réformes et des investissements financés par le PNRR. Le ministère des Investissements et des Projets européens annonce que les autorités se concentreront prioritairement sur les projets pouvant être finalisés d’ici le mois d’août. Il reconnaît, à l’instar de la BNR, que la mise en œuvre du plan a été entravée par une série de difficultés administratives persistantes. Parmi les principaux obstacles identifiés par les coordinateurs des réformes et des investissements figurent une capacité administrative limitée, un manque de personnel spécialisé au regard de la complexité des projets, la durée des procédures de passation des marchés publics par rapport aux délais restreints du PNRR, ainsi qu’une insuffisance des crédits budgétaires nécessaires pour assurer la continuité des projets. Les bénéficiaires signalent également des retards dans le traitement des demandes de transfert, susceptibles de provoquer des interruptions dans la mise en œuvre, des problèmes de coordination entre autorités centrales et locales, ainsi que des délais dans l’obtention des autorisations requises. Selon les données du ministère, les projets déjà contractés et ceux en cours de contractualisation couvrent 100 % de l’allocation européenne pour les programmes 2021-2027, créant ainsi les conditions nécessaires à l’absorption intégrale des fonds de la politique de cohésion. Dans le cadre du PNRR, la Roumanie a déjà perçu 10,72 milliards d’euros, dont 6,4 milliards d’euros sous forme d’aides non remboursables et 4,32 milliards d’euros sous forme de prêts.