Des stocks suffisants de carburants en Roumanie
La Roumanie dispose de réserves suffisantes de carburants pour surmonter une potentielle crise majeure provoquée par le conflit au Moyen Orient, assurent les autorités roumaines.
Sorin Iordan, 05.03.2026, 12:45
Le prix du pétrole a flambé après les attaques israélo-américaines en Iran, dans le contexte où le transport maritime via le détroit d’Ormuz, par où transitent quelque 20% de la consommation mondiale de pétrole, est compromis. Dans ce contexte, la Roumanie a véhiculé un scénario selon lequel, si le prix du baril se situait au-delà de 120 dollars, les prix des carburants pourraient atteindre le seuil de 10 lei par litre.
Des stocks de 3,2 millions de tonnes de carburants
Pourtant, dans une allocution sur Radio Roumanie, le ministre de l’Energie, Bogdan Ivan, assure que les stocks de gaz dont le pays dispose suffiraient pour surmonter une crise majeure d’approvisionnement et couvrir les besoins pour une période de six mois, sans recourir aux importations, où à la production interne. Bogdan Ivan :
« Nous avons actuellement 3,2 millions de tonnes de carburants dans nos stocks. Cela signifie que, même si on ne raffine plus rien et que l’on suspende les importations, nous disposons d’une quantité suffisante pour répondre aux besoins du pays dans les 5 mois à venir. A l’heure actuelle, le pays produit une quantité d’essence deux fois plus grande que ce qu’elle ne consomme et environ 60 % du diesel utilisé. Le reste provient, bien évidemment, des importations.»
20 % des importations de carburants proviennent de l’Arabie saoudite.
Concernant les importations, le ministre a expliqué qu’environ 20 % de la consommation d’essence et de diesel de Roumanie provient de l’Arabie saoudite. Cela veut dire que les livraisons ne sont pas perturbées par la guerre, car les transports empruntent le canal de Suez et non par le détroit d’Ormuz, situé dans la zone de conflit. Et le responsable roumain de l’Energie d’ajouter qu’à l’heure où l’on parle, plus d’un quart de la quantité de pétrole raffiné en Roumanie est extrait sur place, le reste provenant du Kazakhstan, de l’Azerbaïdjan, du Yémen et de la Turquie.
Conserver les factures des Roumains au tarif actuel
Parmi les mesures adoptées par Bucarest, le ministre a rappelé la diversification des sources d’approvisionnement afin de limiter l’impact du contexte de sécurité sur les prix des carburants. A ses dires, le gouvernement roumain et le Conseil de la concurrence font de leur mieux pour éviter la flambée des prix à la pompe suite aux fluctuations boursières. Concernant le prix du gaz naturel, Bogdan Ivan a rassuré les Roumains que la hausse de 60% de son tarif international ne sera pas ressentie en Roumanie. Le gouvernement de Bucarest a déjà préparé le cadre juridique pour maintenir les factures de la population au même niveau, a fait savoir Bogdan Ivan :
« Le gouvernement se prépare à adopter un décret par lequel il entend conserver le tarif au prix actuel, de 0,31 lei par kWh, et cela tout au long de la chaîne de production, depuis la fabrication jusqu’à la mise sur le marché, en passant par le transport et la livraison. Je tiens à être très clair, je vois encore partout dans la presse des infos alarmistes annonçant que le prix va doubler. Oui, les cotations en bourse ont doublé mercredi, mais en Roumanie, le gouvernement se prépare à adopter une mesure pour bloquer toute majoration de prix pour les consommateurs domestiques roumains, et cela jusqu’en avril 2027.»
Dans ce contexte, la Confédération des opérateurs et transporteurs agréés de Roumanie demande au gouvernement de réduire de 50% les accises sur le diesel et l’essence. En Roumanie, les taxes perçues par l’Etat représentent 56% du prix à la pompe.