Nouveaux chefs des principaux parquets
La lutte contre la corruption doit être la priorité des nouveaux chefs des principaux parquets, a déclaré le président Nicusor Dan.
Leyla Cheamil, 09.04.2026, 13:28
A l’issue d’une série d’entretiens organisés par le ministère de la Justice et d’auditions devant le Conseil supérieur de la magistrature, le président roumain, Nicusor Dan, a nommé les nouveaux chefs des principaux parquets. Cristina Chiriac est la nouvelle procureure générale, Viorel Cerbu, le nouveau directeur de la Direction nationale anticorruption et Codrin Miron dirigera la Direction d’investigation des infractions de criminalité organisée et de terrorisme (DIICOT), soit le parquet antimafia.
Selon le chef de l’Etat, la lutte contre la corruption et le démantèlement des réseaux de trafic de drogue et de fraude fiscale à grande échelle devrait être la priorité des nouveaux leaders. Il a également déclaré s’attendre à une intensification de l’activité des principaux parquets suite à ces nominations, car les Roumains dénoncent quotidiennement la corruption et la grande corruption dans leurs interactions avec les autorités.
« La Direction nationale de lutte contre la corruption s’occupe de la grande corruption, tandis que le Parquet général lutte contre la corruption courante. Je souhaite que la Direction d’investigation des infractions de criminalité organisée et de terrorisme démantèle les grands réseaux de trafic de drogue et les vastes réseaux de fraude fiscale », a souligné Nicusor Dan.
Le président a également précisé attendre que les trois procureurs communiquent constamment avec les procureurs placés sous leur autorité.
Le chef de l’Etat espère que les procureurs trouvent un équilibre entre leur travail quotidien et le temps consacré aux affaires à fort impact sur la société.
Mécontentements de la part de l’Union Sauvez la Roumanie
De son côté, l’Union Sauvez la Roumanie a exprimé son mécontentement, déclarant que ces nominations auraient dû s’inscrire dans un processus « inspirant sans équivoque de la confiance et de la transparence » et affirmant qu’elles « portent la marque du Parti Social Démocrate ».
Le parti a rapporté que le ministre social-démocrate de la Justice, Radu Marinescu, qui avait proposé les nouveaux chefs de parquet, avait mené un processus vicié qui n’avait pas inspiré confiance à de nombreux procureurs.
Selon l’Union Sauvez la Roumanie, les inquiétudes de la société civile sont justifiées. « Les avertissements sont venus de procureurs intègres au sein même du système. Ils sont venus du Conseil Supérieur de la magistrature. Ils sont venus d’ONG de lutte contre la corruption, de personnes ayant manifesté sur les places publiques à des moments clés de ces dernières décennies et qui se sont battues pour une justice indépendante. Le président a promis que, dans six mois, les résultats commenceraient à se faire sentir. Il incombe désormais aux personnes nouvellement nommées de faire taire toutes les critiques par des actes concrets, de se montrer à la hauteur des attentes que les Roumains ont envers la justice », indique un communiqué de l’USR.
Le chef de l’Etat, Nicusor Dan, a quant à lui déclaré ne pas avoir consulté les leaders des partis au pouvoir en Roumanie, le Parti Social Démocrate – le Parti National Libéral – l’Union Sauvez la Roumanie – l’Union Démocrate Magyare de Roumanie, quant aux nominations faites à la tête des parquets. Il a ajouté s’être forgé sa propre opinion sur les candidats à la suite de discussions menées avec des dizaines de procureurs. Nicusor Dan a affirmé avoir la certitude d’avoir fait le bon choix, soulignant qu’il avait pris les bonnes décisions et qu’il était convaincu de leur pertinence dans les circonstances actuelles. De son côté, le ministre de la Justice, Radu Marinescu, a précisé que la procédure s’était déroulée en toute transparence et qu’à son issue, il n’y avait ni enjeux personnels, ni noms, ni orgueil en jeu.