La Cour constitutionnelle de Roumanie valide le budget 2026 sous tension
Le budget de la Roumanie pour 2026 peut être promulgué, après que la Cour constitutionnelle a rejeté les recours déposés par l'opposition nationaliste au sein du Parlement de Bucarest.
Sorin Iordan, 27.03.2026, 11:20
La Cour constitutionnelle de Roumanie a rejeté à l’unanimité le recours introduit par l’opposition nationaliste, incarnée par l’Alliance pour l’union des Roumains (AUR), contre la loi de finances de l’État pour l’année en cours. Les juges n’ont relevé aucune irrégularité dans le processus législatif, contrairement aux griefs formulés par le parti d’extrême droite d’opposition AUR (Alliance pour l’union des Roumains), qui dénonçait le recours à une procédure accélérée pour le débat et l’adoption du texte. Concernant les critiques portant sur des prévisions économiques jugées irréalistes, la Cour a estimé qu’elles relevaient de choix politiques et d’opportunité en matière de politique budgétaire, et non d’un contrôle de constitutionnalité. Elle a également précisé que les reproches visant le maintien du niveau actuel des pensions, des allocations familiales et des bourses d’études sortaient du champ d’application de la loi de finances.
Un budget ambitieux sous contrainte de rigueur
Adopté la semaine dernière par le Parlement, le budget roumain pour 2026 table sur un produit intérieur brut franchissant, pour la première fois, le seuil des 2 000 milliards de lei, soit environ 392,5 milliards d’euros. Il repose sur des hypothèses de croissance modérée (1 %), d’inflation annuelle moyenne de 6,5 %, et prévoit un déficit budgétaire de 6,2 %, avec un salaire mensuel moyen net estimé à 5 555 lei (1 090 euros). Le texte inclut des crédits d’engagement destinés à soutenir de nouveaux programmes d’aides d’État et à encourager l’investissement privé. Par ailleurs, un effort financier inédit est consenti en faveur des collectivités locales, avec une enveloppe de 164 milliards de lei (plus de 32 milliards d’euros), en hausse de plus de 25 milliards de lei par rapport à l’an dernier, en grande partie financée par des fonds européens appelés à dépasser 110 milliards de lei (environ 21,5 milliards d’euros). Dans le même temps, la dette publique brute devrait atteindre 61,8 % du PIB. Soucieux de préserver la discipline budgétaire, le gouvernement a fixé des plafonds stricts pour les principales catégories de dépenses, notamment celles liées aux salaires publics, à la protection sociale et au service de la dette. Concrètement, plusieurs mesures de rigueur sont instaurées dans le secteur public : gel des retraites, suppression des primes et bonus, non-rémunération des heures supplémentaires, ainsi que la fin des aides financières au départ à la retraite pour les agents quittant leurs fonctions en 2026. L’Exécutif de Bucarest défend un budget « réaliste », fondé sur des principes de responsabilité, d’équilibre et de développement durable. Son adoption intervient toutefois dans un contexte budgétaire fragile : en 2024, la Roumanie affichait le déficit le plus élevé de l’Union européenne, à 8,65 % du PIB. Selon des données préliminaires du ministère des Finances, celui-ci aurait reculé à 7,65 % en 2025. Après les deux premiers mois de l’année en cours, il s’établissait à 0,7 % du PIB, soit deux fois moins que sur la même période l’an passé.