La semaine du 16 au 22 mars 2026
Le budget public 2026/ Rapport de l’OCDE sur la Roumanie/ Entretiens Nicușor Dan - Mark Rutte/ Bucarest répond à l’Iran/ Exposition Brâncuși à Berlin et hommage à Nadia Comăneci au Parlement européen
Corina Cristea, 22.03.2026, 09:30
Le budget public 2026
L’adoption du projet de loi de Finances pour l’année en cours n’a pas été facile, en raison des incertitudes ayant perduré jusqu’à la dernière minute. Les sociaux-démocrates sont restés fermes sur leurs positions quant à l’adoption d’un paquet de solidarité sociale, en repoussant le vote d’un jour. Finalement, les discussions entre le Parti social-démocrate (PSD) et le Parti National libéral (PNL), à savoir les partis les mieux représentés au Parlement, ont débouché sur un compromis : obtenir une hausse de l’enveloppe destinée au paquet de solidarité réclamé par le PSD à travers le report du versement des droits salariaux acquis par les magistrats. Le budget 2026 repose sur une estimation prudente des recettes budgétaires et assure une protection réaliste des catégories vulnérables, affirme le Premier ministre, le libéral Ilie Bolojan. Le cadre macroéconomique sur lequel la construction budgétaire est fondée comporte une croissance économique estimée à 1%, un déficit budgétaire de 6,2% du PIB et une prévision d’inflation de 6,5%.
Rapport de l’OCDE sur la Roumanie
La Roumanie pourrait recevoir une invitation à rejoindre l’OCDE en juin 2026, a déclaré à Bucarest le secrétaire général de l’organisation, Mathias Cormann. Et de préciser que ces dernières décennies, le pays avait connu une forte croissance, tout en enregistrant d’excellents résultats en termes de respect des normes de l’OCDE relatives aux revenus et au niveau de vie. Un rapport économique élaboré par l’organisation internationale et consacré à la Roumanie a été rendu public lundi, à Bucarest, en présence de Mathias Cormann. Le document offre des recommandations importantes concernant les réformes fiscales et budgétaires, le marché du travail et la croissance de la compétitivité. C’est une référence pour la stabilité économique et la modernisation de l’Etat roumain, a déclaréle premier ministre roumain, le libéral Ilie Bolojan, tout en réitérant que Bucarest se propose de rejoindre l’OCDE dans le courant de cette année.
Entretiens entre Nicușor Dan et Mark Rutte à Bruxelles, avant le sommet européen
« La Roumanie joue un rôle clé au sein de l’Alliance atlantique sur le flanc oriental, notamment dans la région de la mer Noire, vitale pour notre sécurité commune », a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, à l’issue de la rencontre qu’il a eue jeudi, à Bruxelles, avec le président roumain, Nicuşor Dan. « Nous sommes vigilants et prêts à défendre chaque centimètre carré du territoire allié », a déclaré Mark Rutte, tout en félicitant la Roumanie d’avoir augmenté son budget pour la défense à 2,5 % du PIB et de continuer à soutenir l’Ukraine. Les discussions avec Mark Rutte ont porté sur la sécurité de la Roumanie et de l’OTAN, les nouvelles capacités militaires des pays du flanc oriental, les menaces hybrides et la situation en Ukraine, a fait savoir le président Nicușor Dan. A cette occasion, il a annoncé que le responsable de l’OTAN se rendrait en Roumanie en mai, à l’occasion du sommet Bucarest B9. Par la suite, le président roumain a participé au sommet des dirigeants européens, consacré à l’Ukraine et aux répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient, dans un contexte de hausse alarmante des prix du gaz naturel et du pétrole.
« Bien qu’elle soit touchée par le conflit en Iran, l’Europe doit rester concentrée sur l’Ukraine ». C’est ce qu’a déclaré Nicușor Dan lors de la conférence de presse ayant suivi la réunion du Conseil européen et au cours de laquelle ont été examinées l’impact de la situation au Moyen-Orient sur les pays européens, notamment en matière d’énergie et de risque de flux migratoires.
Bucarest répond aux avertissements de l’Iran
La diplomatie roumaine a réagi sans hésitation aux avertissements lancés lundi par Téhéran, en affirmant que le pays n’était pas impliqué dans le conflit au Moyen-Orient et qu’il privilégiait la poursuite des efforts diplomatiques visant à conduire à une désescalade du conflit. L’Iran avait averti la Roumanie sur le risque de représailles politiques et juridiques après que Bucarest a autorisé les États-Unis à utiliser des bases situées sur son territoire pour le déploiement temporaire de certains équipements défensifs et de forces militaires américaines. Le ministère roumain des Affaires étrangères a tenu à préciser que ce cadre de coopération repose sur un accord bilatéral en vigueur depuis 2006, qui autorise l’accès des forces américaines aux bases situées en Roumanie. Le pays accueille depuis plus de dix ans des capacités de défense antiaérienne contre des menaces venant de l’extérieur de l’espace euro-atlantique. Le système mis en place dans le sud du pays a une vocation exclusivement défensive et s’inscrit dans le respect de la Charte des Nations unies.
D’autre part, la diplomatie roumaine condamne les attaques totalement injustifiées menés par l’Iran contre les pays du Golfe et remercie ces derniers d’avoir protégé aussi les citoyens roumains présents sur leur territoire. Par la suite, la cheffe de la diplomatie roumaine a tenu à préciser qu’il n’y avait aucune menace directe de la part de l’Iran à l’encontre de la Roumanie et que les Roumains pouvaient continuer à se sentir en sécurité chez eux.
Exposition Brâncuși à Berlin et hommage à Nadia Comăneci au Parlement européen
Une impressionnante exposition rétrospective consacrée à l’œuvre de Constantin Brâncuşi a ouvert ses portes jeudi soir à Berlin, à la Neue Nationalgalerie. Plus de 150 sculptures, photographies et films d’archives auxquels s’ajoutent des œuvres originales de Brâncuşi, prêtées par le Centre Pompidou de Paris (co-organisateur de l’exposition), ainsi que des sculptures provenant de Roumanie attendent le public jusqu’au 9 août. Parmi les œuvres emblématiques exposées figurent La Muse endormie, Mademoiselle Pogany, Le Baiser, L’Oiseau dans l’espace ou encore La Princesse X. L’exposition de Berlin s’inscrit dans le cadre du programme « L’Année nationale Constantin Brâncuşi », consacré au 150e anniversaire de la naissance du grand sculpteur, un des fondateurs de la sculpture moderne.
Cette année a aussi été décrétée l’« Année Nadia Comăneci », pour marquer 50 ans depuis que la sportive roumaine a décroché le premier 10 de l’histoire de la gymnastique mondiale, lors des Jeux olympiques de Montréal, en 1976. Mardi, 17 mars, Nadia Comăneci a également été mise à l’honneur à Bruxelles, au Parlement européen.