La semaine du 9 au 15 mars 2026
Le projet de budget 2026 finalisé par le gouvernement roumain / Le président ukrainien en visite officielle en Roumanie / Soutien roumain pour le partenaire stratégique le plus important du pays / Flambée des prix des carburants
Ştefan Stoica, 15.03.2026, 10:00
Le projet de budget 2026 finalisé par le gouvernement roumain
Finalisé jeudi soir après des semaines d’attente, le projet de budget de l’État roumain – le plus tardif des deux dernières décennies – a été transmis au Parlement pour examen, en même temps que celui de la sécurité sociale. Le Premier ministre Ilie Bolojan et le ministre des Finances Alexandru Nazare ont présenté un document qu’ils qualifient de « réaliste et équilibré », élaboré sur la base de paramètres prudents dans un contexte économique jugé difficile. L’enjeu central demeure la réduction du déficit budgétaire à 6,2 % du produit intérieur brut, une étape essentielle du processus de rééquilibrage budgétaire négocié avec la Commission européenne. Le chef du gouvernement libéral a rappelé que le budget intègre également une baisse de 10 % des dépenses dans l’administration centrale et locale. Parallèlement, les investissements publics devraient progresser par rapport à l’année précédente, notamment grâce aux financements issus du Plan national de relance et de résilience (PNRR), estimés à plus de 10 milliards d’euros, ainsi qu’au programme Security Action for Europe. Selon le ministre des Finances, le budget repose sur un produit intérieur brut estimé à plus de 2 000 milliards de lei, soit environ 400 milliards d’euros. Les prévisions économiques tablent sur une croissance de 1 % cette année et une inflation de 6,5 %. Présenté par le gouvernement de coalition quadripartite, le projet ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de la majorité. Les sociaux-démocrates, pourtant membres de l’exécutif, ont exprimé leur mécontentement et envisagent de convoquer un conclave politique pour déterminer leur position. Ils souhaitent introduire des amendements au Parlement, notamment sur les dispositions liées à la solidarité sociale, un domaine qu’ils considèrent prioritaire. Régulièrement critiqué par le Parti social-démocrate de Roumanie pour sa rigidité, que ses soutiens décrivent plutôt comme de la rigueur, le libéral Ilie Bolojan se dit néanmoins confiant. Le Premier ministre estime que le projet de budget de l’État devrait être adopté par le Parlement sans modifications majeures.
Le président ukrainien en visite officielle en Roumanie
Au cours des 35 dernières années, les relations entre la Roumanie et l’Ukraine, qui partagent une frontière de 650 km, ont ont fait l’objet de nombreux litiges, y compris territoriales, ce qui a suscité de la défiance entre les deux Etats. La situation a radicalement changé et le renforcement des relations bilatérales, élevées au rang de partenariat stratégique, a permis aux présidents roumain et ukrainien Nicusor Dan et Volodymyr Zelensky, de signer ce jeudi à Bucarest une déclaration de partenariat stratégique entre les deux Etats ainsi que deux autres documents sur la coopération dans le domaine de l’énergie et de la production conjointe d’armement. Aux termes du partenariat stratégique, les deux Etats coopéreront dans des efforts internationaux pour une paix juste et durable en Ukraine, pour que les crimes de guerre commises par la Russie soient punis et pour que Moscou paye des compensations pour son agression. Une commission stratégique de haut niveau sera instaurée et des réunions communes de Gouvernement ainsi que des consultations au niveau du Parlement et des ministres des Affaires étrangères seront organisées chaque année. Qui plus est, la Roumanie et l’Ukraine produiront conjointement des drones, domaine dans lequel l’Ukraine s’est spécialisée à cause du contexte. Le président Nicusor Dan a affirmé avoir reçu des garanties sur le maintien des écoles en langue roumaine ainsi que pour tous les autres droits de la minorité roumaine en Ukraine. Le président Volodymyr Zelesnky a quant à lui remarqué que la Roumanie et l’Ukraine avaient un potentiel de collaboration dans les domaines de l’énergie et de l’infrastructure. Le chef de l’Etat urkainien s’est entretenu également avec le Premier ministre roumain, le libéral Ilie Bolojan. Il a ensuite visité une unité militaire du sud de la Roumanie où les pilotes ukrainiens sont entrainés pour piloter des avions de combat F-16.
Soutien roumain pour le partenaire stratégique le plus important du pays.
Le Parlement de Bucarest a approuvé au milieu de la semaine dernière, la décision du Conseil suprême de défense de la Roumanie permettant le déploiement temporaire pour une période de trois mois d’équipements défensifs et de forces militaires américaines dans le contexte de la crise au Moyen Orient. Il s’agit d’avions de ravitaillement, d’équipements de surveillance et de communications satellitaires. Les équipements et les forces américaines, soit quelque 400 à 500 militaires, devraient être déployés sur les bases aériennes de Mihail Kogalniceanu, en mer Noire et de Câmpia Turzii, dans le centre du pays. En cas de prolongation du conflit, la présence de forces militaires et d’équipements sera possible uniquement en vertu d’un nouvel accord de la part de la Roumanie. Selon le président roumain Nicusor Dan, cette décision a été adoptée par le Conseil suprême de défense roumain en vertu de l’Accord de partenariat entre la Roumanie et les Etats-Unis. « J’assure aux Roumains qu’ils n’ont aucune raison de s’inquiéter, leur pays est sûr, et même très sûr », a déclaré le chef de l’Etat. L’opposition populiste et qui s’autoproclame souverainiste, a protesté durant les débats au Parlement, arguant qu’une telle décision n’exclut pas le risque que la Roumanie soit impliquée dans le conflit au Moyen- Orient. A noter que ces partis sont les mêmes qui louent et portent aux nues le président américain Donald Trump et son mouvement MAGA.
Flambée des prix des carburants
Le prix du baril de pétrole a explosé suite au conflit qui a récemment éclaté au Moyen-Orient, engendrant ainsi un choc pétrolier. En Roumanie, on craint que les prix de plus en plus élevés des carburants entrainent une nouvelle augmentation des prix des biens, sur toile de fond d’une inflation toujours élevée, dont le taux se chiffre à presque 9 %. Par ailleurs les autorités ne souhaitent pas modifier le niveau des taxes, qui représentent plus de la moitié des prix des carburants, parce que une baisse des recettes budgétaires ralentirait l’effort de réhabilitation fiscale-budgétaire et de réduction du déficit élevé. Pourtant, l’Exécutif roumain a pris une série de mesures : premièrement, il a étendu jusqu’à la fin de cette année la compensation de l’augmentation des prix du diesel pour les entreprises de transport routier qui sont confrontés depuis deux semaines déjà à des niveaux records de prix des carburants sur toile de fond du conflit au Moyen-Orient. Qui plus est, l’aide accordée par l’Etat est passée de 65 à 85 centimes par litre. Cette mesure devrait permettre le maintien à des niveaux raisonnables des prix des biens et par conséquent du taux d’inflation. Plus de 6 200 entreprises bénéficieront de cette mesure. Rappelons qu’en Roumanie le prix du diesel a dépassé les 1,7 euros tandis que celui de l’essence a dépassé les 1,6 euros.