La semaine du 27 avril au 3 mai 2026
Une motion de censure contre le gouvernement Bolojan/ Le président roumain au Sommet de l’Initiative des Trois Mers/ Un partenariat roumano-américain dans le domaine de la Défense/ La levée de l’immunité parlementaire de Diana Șoșoacă.
Corina Cristea, 03.05.2026, 10:36
Une motion de censure contre le gouvernement Bolojan
Quatre jours après sa décision de quitter la coalition au pouvoir, le PSD, principale force parlementaire du pays, a décidé de faire une démarche conjointe avec l’Alliance pour l’Union des Roumains, populiste, ultranationaliste, d’opposition pour déposer ensemble une motion de censure contre le gouvernement d’Ilie Bolojan. L’annonce a choqué l’opinion publique. D’ailleurs, elle a été faite pendant que les responsables du PSD et du PNL, Sorin Grindeanu et respectivement, Ilie Bolojan, participaient aux consultations organisées par le président Nicusor Dan avec les partis pro-européens. Par la suite, M. Grindeanu a expliqué que la démarche commune entreprise avec l’AUR visait exclusivement la destitution du gouvernement Bolojan et qu’elle ne serait pas suivie d’une collaboration des sociaux-démocrates avec les populistes. Selon le chef de file des sociaux-démocrates, le retrait du soutien politique au premier ministre et sa destitution par motion de censure ouvriront la voie à la mise en place d’un gouvernement stable. De son côté, le responsable de l’AUR, George Simion, a déclaré que l’objectif de l’alliance avec le PSD était de renverser le gouvernement Bolojan. Les deux autres partis de la coalition au pouvoir, l’USR et l’UDMR, considèrent inopportun le dépot de la motion, tandis que pour les libéraux, l’initiative du PSD est totalement irresponsable. Signée par 254 députés, beaucoup plus que le nombre de voix nécessaires – issus du Parti Social-Démocrate (PSD), de l’Alliance pour l’Union des Roumains (AUR), du Parti des jeunes gens (POT), du S.O.S Romania, du groupe parlementaire « PACE (Paix)- La Roumanie d’abord » et des députés sans affiliation, la motion a été présentée mercredi au Parlement. Le document accuse le gouvernement d’avoir ruiné l’économie, appauvri la population, encouragé les fraudes avec l’argent public, en référence aux mesures visant à améliorer l’efficacité des grandes compagnies d’Etat.
En réplique à cette offensive parlementaire, le Premier ministre Ilie Bolojan affirme être pris pour cible précisément parce qu’il a refusé d’être un Premier ministre complaisant, et a bloqué le gaspillage de l’argent public. « Pendant des années, le budget de l’État a été utilisé comme une tirelire pour des administrations inefficaces, pour des projets qui n’étaient pas mené à terme, (…) j’ai dû fixer des règles et (…) j’ai mis les projecteurs sur les domaines qui nous causaient des pertes massives », a déclaré Ilie Bolojan à la télévision publique.
ll a également dressé le bilan de ses dix mois de mandat : des recettes budgétaires en hausse de 12 % et une baisse des dépenses de 3 %, soulignant que les réformes devraient se poursuivre, quelle que soit la personne qui occuperait le fauteuil de Premier ministre après le vote de mardi sur la motion de censure. Présent à Dubrovnik, en Croatie, pour participer à un sommet régional, le président Nicuşor Dan a estimé qu’un gouvernement PSD-AUR était fort improbable et s’est dit persuadé que, si la motion passe, il en résultera tout de même un gouvernement pro-occidental.
L’instabilité politique a déjà des répercursions sur le pouvoir d’achat des Roumains : l’euro a dépassé la barre des 5,10 lei, les taux d’intérêt auxquels l’État emprunte sur les marchés internationaux ont augmenté, et la Bourse de Bucarest enregistre des pertes.
Le président roumain au Sommet de l’Initiative des Trois Mers
Présent à Dubrovnik, en Croatie, au sommet de l’Initiative des Trois Mers, le président roumain, Nicusor Dan, a encouragé les pays de la région à fonctionner comme un marché unitaire et a insisté sur l’importance de la connectivité de Transports, Enérgétique et numérique. Et le chef de l’Etat roumain d’affirmer que la plate-forme de l’Initiative des Trois Mers reste très importante pour l’économie et la prospérité des gens de Roumanie. Nicusor Dan a également fait appel à la consolidation de la relation transatlantique et au renforcement administratif du format de l’I3M.
En marge du sommet, les représentants de la Roumanie ont signé deux mémorandums d’accord visant la connexion des ports de Constanţa (sud-est) et de Rijeka (Croatie), ainsi que l’adhésion de la Roumanie au Fonds d’Investissement de l’Initiative des Trois Mers. Le protocole d’accord conclu entre les deux ports contribue à renforcer la connectivité régionale et le rôle du port de Constanța en tant que plaque tournante stratégique de la mer Noire, en facilitant son intégration dans les corridors de transport européens et son accès aux marchés internationaux. À Dubrovnik, le président Nicușor Dan a annoncé aussi un futur partenariat économique et financier avec la Banque mondiale pour des investissements dans le secteur nucléaire. Par ailleurs, en marge du même sommet, M. Dan a affirmé avoir discuté avec le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, au sujet des priorités communes en matière de coopération dans le domaine énergétique, du nucléaire au gaz naturel liquéfié.
Un partenariat roumano-américain dans le domaine de la Défense
Cette semaine encore, le chef de l’Etat roumain a accueilli à Bucarest, pour des discussions, le Secrétaire américain à l’Armée, Daniel P. Driscoll. « Il est nécessaire de renforcer le Partenariat Stratégique entre la Roumanie et les Etats-Unis » a écrit le président roumain Nicusor Dan sur les réseaux sociaux à l’issue de sa rencontre, tout en affirmant que « Bucarest était prêt à investir davantage pour sa propre sécurité ». „Dans la région de la mer Noire, où les défis et les risques ont tendance à se multiplier, tout en affectant la sécurité euro-Atlantique, la Roumanie continue d’être le partenaire et l’allié auquel Washington fait le plus de confiance” a ajouté M. Dan. Le responsable américain a également rencontré la cheffe de la diplomatie roumaine, Oana Toiu, selon qui le Partenariat bilatéral demeure essentiel pour la sécurité de la Roumanie et le ministre de la Défense, Radu Miruta, avec lequel il a signé une lettre d’intention portant sur la coopération dans le domaine des drones et des systèmes de lutte anti-drone.
La levée de l’immunité parlementaire de Diana Sosoaca
Le Parlement européen a voté mardi, à la demande du parquet roumain, en faveur de la levée de l’immunité de la députée européenne Diana Şoşoacă pour toutes les infractions présumées pour lesquelles elle fait l’objet d’une enquête en Roumanie, à une seule exception près, celle liée à un discours prononcé en séance plénière du Parlement européen dans lequel elle faisait l’éloge du dictateur roumain Nicolae Ceauşescu. Diana Sosoaca est accusée de onze infractions, dont la diffusion de propagande fasciste (légionnaire), l’apologie de criminels de guerre et le négationnisme. La commission des affaires juridiques du Parlement européen a décidé jeudi, par 17 voix pour, aucune contre et une abstention, de lever son immunité.