La semaine du 29 juin au 5 juillet 2026
1. La situation politique à Bucarest / 2. Décisions du Conseil suprême de défense du pays / 3. Pourparlers, à Bucarest, entre les présidents de la Roumanie et d’Israël / 4. Canicule et tempêtes
Corina Cristea, 05.07.2026, 09:44
La situation politique à Bucarest
Les partis de l’ancienne coalition gouvernementale de Bucarest – le Parti social‑démocrate (PSD), le Parti national libéral (PNL), l’Union Sauvez la Roumanie (USR) et l’Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) – ne sont toujours pas parvenus à un accord sur la constitution d’une nouvelle équipe exécutive, continuant à se renvoyer la responsabilité de cette crise politique. Le PSD veut assumer la gouvernance, soit par le moyen d’un Cabinet minoritaire soutenu par un accord passé avec les partis de droite, soit par un exercice du pouvoir par rotation, à condition que les sociaux-démocrates soient les premiers à désigner le chef du gouvernement. Les libéraux, eux, exigent cependant des garanties claires et affirment que « le problème principal, qui rend difficile la conclusion de tout accord, est la perte de confiance entre les partis politiques, notamment envers le PSD ». Pendant ce temps, l’Alliance pour l’Union des Roumains (AUR – l’opposition nationaliste) a décidé de déclencher les procédures menant à la suspension du président Nicuşor Dan et à la tenue d’élections anticipées. Le parti accuse le chef de l’État d’avoir refusé de désigner un nouveau candidat aux fonctions de premier-ministre, excluant également du processus de décision une importante partie des Roumains, une allusion au fait que le président Dan ne prend pas en considération une participation d’AUR au gouvernement. Le chef de l’État considère que les solutions de la crise politique relèvent de la responsabilité des partis. Et lui de rappeler qu’à présent il n’existe pas une majorité parlementaire qui soutienne un futur Exécutif. Le président souligne aussi le fait que des élections anticipées ne produiraient pas un changement radical des éventuelles majorités, générant par ailleurs une image d’instabilité politique qui durerait plusieurs mois. Quant à une baisse de la notation du pays, le président affirme qu’une telle évolution serait « une catastrophe » pour la Roumanie, annonçant dans le contexte son intention de s’impliquer personnellement dans le dialogue avec les agences internationales de notation à l’attente des prochaines évaluations. Nicușor Dan a demandé aux chefs des partis politiques de se mettre à la disposition des évaluateurs, pour leur confirmer que toutes les opinions et les actions sont convergentes sur les questions fondamentales ayant un impact sur l’économie et les finances du pays. Le président a fait ces déclarations à l’issue de la réunion avec les ambassadeurs des États membres de l’UE, qu’il a assurés du fonctionnement normal des institutions de l’État, malgré les attributions limitées du gouvernement en place.
Décisions du Conseil suprême de défense du pays
Lundi, l’ordre du jour de la réunion du Conseil suprême de défense du pays, convoquée par le président Nicuşor Dan, a inclus les objectifs de la Roumanie au sommet de l’OTAN d’Ankara, prévu les 7 et 8 juillet prochain, ainsi que la participation de l’armée roumaine à des missions et des opérations à l’extérieur du territoire national. Un communiqué de l’Administration présidentielle précise que le sommet représente une occasion de ramener à l’attention du plus haut échelon des alliés la situation compliquée dans la région de la mer Noire et les conséquences régionales et locales, sur la Roumanie, de l’agression russe, à travers des incidents tels que ceux impliquant des drones. Les membres du Conseil ont également approuvé les forces armées que la Roumanie peut déployer dans des missions et des opérations au-delà des frontières nationales en 2027. Le Conseil a aussi décidé que le gouvernement, par le biais des autorités publiques compétentes, peut prendre les mesures nécessaires pour empêcher le blocage de l’activité de la compagnie ROMATSA, unique fournisseur des services de contrôle du trafic aérien, suite à une décision de suspension de l’autorisation de fonctionnement, issue par la Cour d’appel Bucarest dans le cadre d’un procès en justice. La décision de justice n’est ni définitive ni exécutoire, mais l’Administration présidentielle attire l’attention sur une possible suspension de l’activité de ROMATSA, ce qui mettrait en danger la sécurité nationale à cause de la détérioration de la surveillance de l’espace aérien intégré et de la perturbation des missions de l’OTAN sur son flanc Est. Par ailleurs, le gouvernement contestera en justice la procédure d’exécution obligatoire des comptes de ROMATSA, décidée par un tribunal belge en raison de la dette de plusieurs millions d’euros due par l’État roumain au géant pharmaceutique Pfizer pour les doses de vaccin anti-COVID, commandées sans être finalement achetées. En même temps, l’Exécutif continue les négociations confidentielles avec le producteur du vaccin.
Pourparlers, à Bucarest entre les présidents de la Roumanie et d’Israël
La Roumanie et Israël ont une relation politique, économique et humaine forte, déclarait, lundi à Bucarest, le chef de l’Etat roumain, Nicuşor Dan, à l’issue des pourparlers avec son homologue israélien, Isaac Herzog. À cette occasion, le président Dan a rappelé le liant important représenté par la communauté des Juifs originaires de Roumanie, qui ont contribué à la construction et par la suite au développement de l’État d’Israël. Il a également mis en évidence la collaboration bilatérale dans différents domaines – économie, sécurité et industrie de la défense, agriculture ou encore technologie de l’information, soulignant le grand potentiel de développement de ces relations. A son tour, le président Herzog a remercié la Roumanie pour le partenariat profond entre les deux États et pour les efforts de combattre l’antisémitisme. Ultérieurement, dans le discours prononcé devant les deux Chambres réunies du Parlement de Bucarest, Isaac Herzog a évoqué le lien spécial entre Israël et la Roumanie. Cette visite a également eu une forte connotation historique, ayant été liée à la commémoration des 85 ans du Pogrome d’Iaşi, de 1941.
Canicule et tempêtes
La première alerte code rouge à la canicule de cet été en Roumanie a été issue en début de semaine, pratiquement pour la quasi-totalité du territoire national. Les fortes tempêtes, produites après plusieurs journées avec des températures autour 41 degrés, ont touché Bucarest et plusieurs départements, faisant malheureusement des victimes et des dégâts matériels considérables. À Bucarest, la tempête a inondé des rues et même une station de métro, tandis que le vent violent a abattu des centaines d’arbres. L’Inspection générale pour les situations d’urgence précisait, dans un communiqué, que les tempêtes avaient fortement touché, en plus de la capitale, 60 localités de 20 départements du pays, y compris de grandes villes, telles que Brașov et Sibiu. Les pompiers sont intervenus pour dégager un millier d’arbres et des dizaines de poteaux électriques arrachés par le vent, ainsi que des éléments de toiture de dizaines d’immeubles. Ils ont également évacué l’eau accumulée dans les cours, les jardins, les caves et les sous-sols. Des centaines de voitures ont été endommagées et la circulation des trains a été sérieusement perturbée sur trois lignes principales.