La semaine du 9 au 15 février 2026
Le président roumain Nicușor Dan présent à la réunion informelle du Conseil européen à Bruxelles / La Roumanie présente à Bruxelles pour une série de consultations de haut niveau consacrées à la sécurité européenne et euro-atlantique / Rencontre entre le ministre roumain de la Justice et Michael McGrath, commissaire européen chargé de la démocratie, de la justice, de l’État de droit et de la protection des consommateurs / Rencontre à Londres entre la ministre roumaine des Affaires étrangères et son homologue britannique, la secrétaire d’État aux Affaires étrangères, au Commonwealth et au Développement
Corina Cristea, 15.02.2026, 09:37
L’Europe sommée d’accélérer face aux grandes puissances économiques
Le président Nicușor Dan a participé jeudi, en Belgique, à la réunion informelle du Conseil européen, consacrée aux moyens de relancer la dynamique économique de l’Union et de renforcer sa compétitivité dans un contexte de rivalité accrue avec la Chine et les États-Unis. À l’issue des échanges, le chef de l’État roumain a dressé un constat partagé par l’ensemble des dirigeants européens : l’Union avance trop lentement face aux défis économiques actuels. Les discussions ont principalement porté sur le renforcement du marché unique et l’amélioration de la compétitivité globale de l’UE, identifiées comme des leviers essentiels pour redonner de l’élan à l’économie européenne. À cet égard, l’ordre du jour a abordé des dossiers clés tels que la consolidation de l’industrie européenne, la construction d’une autonomie stratégique accrue, la réduction de la bureaucratie et des obstacles nationaux, ainsi que la simplification du cadre législatif. L’encouragement des investissements et de l’innovation figurait également parmi les priorités mises en avant. Nicușor Dan a insisté sur plusieurs axes jugés stratégiques pour la Roumanie, notamment la baisse des prix de l’énergie et une répartition solidaire, à l’échelle européenne, des fonds dédiés à la compétitivité. Le président roumain a par ailleurs défendu la nécessité de simplifier les procédures administratives applicables aux entreprises, afin de stimuler les investissements et de faciliter l’expansion des sociétés roumaines sur les marchés européens. Enfin, il a plaidé pour l’instauration de périodes de transition plus longues dans la mise en œuvre des politiques environnementales, estimant qu’elles doivent être conçues de manière durable et éviter de fragiliser la croissance économique.
Bruxelles, carrefour stratégique du réarmement roumain
Le ministre roumain de la Défense, Radu Miruţă, s’est rendu cette semaine en Belgique pour une série de consultations de haut niveau consacrées à la sécurité européenne et euro-atlantique. Mercredi, il a pris part à la réunion du Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne, avant de participer jeudi à une rencontre avec ses homologues des États membres de l’OTAN. À cette occasion, Bucarest a réaffirmé son objectif de porter les dépenses militaires à 2,7 % du produit intérieur brut, marquant ainsi sa volonté d’assumer un rôle accru dans l’architecture de défense collective. Lors de la réunion européenne, les ministres de la Défense ont validé définitivement les programmes de réarmement de huit États membres. Dans ce cadre, la Roumanie s’est vu attribuer le deuxième plus important financement de l’Union, à hauteur de 16,7 milliards d’euros, au titre du programme SAFE. Ces ressources seront destinées non seulement au renforcement des capacités militaires — production, développement et acquisitions — mais également à des infrastructures stratégiques à usage dual, telles que les autoroutes, susceptibles de servir aussi bien aux forces armées qu’aux civils. Symbole de cette dynamique, le jour même de l’adoption finale des programmes SAFE à Bruxelles, Hanwha Aerospace Romania a lancé, à Petreşti, dans le sud du pays, la construction d’une usine dédiée à la fabrication d’obusiers automoteurs K-9 et de véhicules de ravitaillement en munitions K-10. Il s’agit de la première plateforme de production européenne du groupe sud-coréen, appelée à devenir le pilier d’un partenariat stratégique de long terme avec Bucarest, comme l’a souligné son président, Jae Il-Son. Ce projet s’inscrit dans l’ambition de la Roumanie de s’imposer comme pôle européen de production de défense, tout en contribuant aux objectifs globaux de sécurité de l’OTAN et de l’Union européenne.
Justice et État de droit au cœur du dialogue entre Bucarest et Bruxelles
Le ministre roumain de la Justice, Radu Marinescu, s’est entretenu jeudi avec Michael McGrath, commissaire européen chargé de la démocratie, de la justice, de l’État de droit et de la protection des consommateurs. Les échanges ont principalement porté sur les évolutions récentes en Roumanie, avec un accent particulier sur le fonctionnement du système judiciaire, l’amélioration de l’efficacité des mécanismes de justice et le renforcement des actions de prévention et de lutte contre la corruption. À cette occasion, Radu Marinescu a salué les initiatives lancées par la Commission européenne pour consolider la démocratie au sein de l’Union, notamment le Bouclier européen pour la démocratie et la Stratégie de l’UE pour la société civile, qu’il a présentées comme des leviers essentiels pour bâtir des démocraties plus solides, plus transparentes et plus résilientes. De son côté, Michael McGrath a souligné l’engagement actif du ministère roumain de la Justice dans l’exercice annuel consacré à l’État de droit et a assuré que la coopération loyale et constructive avec les autorités nationales se poursuivrait, dans la perspective de renforcer durablement l’État de droit et les valeurs fondamentales de l’Union européenne.
Bucarest mise sur Londres pour renforcer l’Europe de demain
La Roumanie défend l’idée d’une Europe plus compétitive et s’inscrit, dans cette perspective, en faveur de partenariats étroits avec le Royaume-Uni, a affirmé la ministre roumaine des Affaires étrangères, Oana Ţoiu, à l’issue d’une rencontre à Londres avec son homologue britannique, Yvette Cooper, secrétaire d’État aux Affaires étrangères, au Commonwealth et au Développement. Le renforcement de la coopération économique avec le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord — l’un des partenaires stratégiques majeurs de Bucarest — a constitué un axe central des échanges conduits par la cheffe de la diplomatie roumaine. Cette visite de travail de deux jours a, selon le ministère roumain des Affaires étrangères, réaffirmé l’engagement résolu de la Roumanie en faveur du dialogue, de la coopération et de partenariats durables, dans un contexte international marqué par des enjeux sécuritaires croissants et de profondes mutations géopolitiques. Le programme à Londres a également inclus des entretiens avec des membres du groupe interparlementaire pour la Roumanie, des représentants de la communauté roumaine installée dans la capitale britannique, ainsi qu’une visite à l’université d’Oxford, où est implanté un lectorat de langue roumaine.
Cincu, vitrine de la puissance collective de l’OTAN sur le flanc est
Le polygone de Cincu, au cœur de la Roumanie, a accueilli cette semaine le plus vaste exercice multinational jamais organisé en Europe, mené avec l’artillerie des forces terrestres des États-Unis. Des unités roumaines, polonaises et françaises ont également pris part aux manœuvres, dont l’objectif principal était de mettre à l’épreuve les plans régionaux de défense de l’OTAN. Baptisé « Dynamic Front 26 », l’exercice s’est déroulé simultanément dans plusieurs pays alliés et constitue un test majeur de la capacité de l’Alliance à opérer de manière coordonnée sur le flanc oriental, dans un environnement sécuritaire complexe exigeant une réponse rapide, intégrée et crédible. À Cincu, les entraînements ont notamment mobilisé des lanceurs HIMARS roumains et polonais, ainsi que des obusiers automoteurs déployés en Roumanie dans le cadre du groupement tactique multinational.