2026 – une année économique difficile
La Roumanie a besoin d’un cadre prédictible et de mesures censées encourager les investissements privés.
Roxana Vasile, 04.03.2026, 11:41
Une croissance économique saine doit être obtenue grâce à la productivité, prévient le ministre des Finances de Bucarest, Alexandru Nazare. L’ancien modèle, fondé principalement sur la stimulation fiscale et la consommation intérieure élevée, n’est plus d’actualité et doit être remplacé par un nouveau modèle, fondé sur la compétitivité, estime pour sa part la vice-Première ministre Oana Gheorghiu.
2026 n’est pas une année de redynamisation économique
Conscient qu’un tel changement de paradigme implique des coûts de transition, le gouvernement roumain actuellement en place soutient que les trois directions censées créer les conditions propices aux affaires à succès en Roumanie sont la réforme des entreprises publiques, le renforcement de la discipline financière et le soutien aux secteurs stratégiques. Le milieu des affaires reste toutefois sur ses réserves et signale que les changements attendus se produiront à long terme, alors que l’économie est en souffrance à présent. 2026 n’est pas une année de redynamisation économique, mais une période d’essai, affirme la Confédération patronale Concordia, représentant 20 des secteurs les plus importants de l’économie roumaine.
Son directeur exécutif, Paul Aparaschivei, estime qu’il faudrait mettre en place un environnement propice au retour des investissements privés, ce qui implique une meilleure prédictibilité fiscale et une diminution réelle des coûts qui incombent aux entreprises :
« Ce petit train de mesures que nous appelons « mini-omnibus », avec ses trois dispositions, auquel s’ajoute le plan de relance économique, montre avant tout la volonté de changer de direction pour se tourner vers des secteurs à valeur ajoutée ou des secteurs en situation critique vers lesquels on pourrait diriger les ressources, si la bureaucratie ne nous rendait pas si peu compétitifs. C’est un signal important pour tout investisseur étranger qui s’intéresse aujourd’hui à la Roumanie. C’est un ensemble de mesures qui, par son intention et son orientation, est juste. Ce qui nous intéresse particulièrement, c’est sa mise en œuvre: combien de temps faudra-t-il attendre avant que le plan de relance devienne opérationnel, combien de temps faudra-t-il attendre pour que le plan de relance produise des effets sur l’économie ? En réalité, ce plan a une perspective à moyen et long terme. Et donc, ce que nous affirmons c’est qu’aujourd’hui, l’économie souffre, elle a besoin de mesures de relance et de politiques qui soutiennent les entrepreneurs et qui reposent sur une plus grande prédictibilité.”
La situation économique dépendante de la guerre au Moyen Orient
Dans le contexte où la consommation a déjà fortement ralenti depuis l’année dernière, la question pour 2026 est de savoir si les investissements privés resteront timides et dans quelle mesure ils pourront être compensés par les investissements publics, selon le premier rapport macroéconomique annuel réalisé par la Confédération Concordia.
Selon son économiste en chef, Iulian Lolea, à l’heure où l’on parle, l’évolution des indicateurs macroéconomiques dépend de l’intensité, mais surtout de la durée des nouveaux conflits au Moyen-Orient qui influencent le prix des carburants et mettent de la pression sur l’inflation. Plus le conflit se prolonge, plus la situation s’aggrave.