Bucarest face à l’onde de choc du détroit d’Ormuz
Le gouvernement de Bucarest analyse des mesures visant à réduire les prix des carburants.
Leyla Cheamil, 31.03.2026, 12:28
Le blocage du détroit d’Ormuz, artère stratégique parmi les plus cruciales pour l’approvisionnement énergétique mondial, désorganise le transport du pétrole et du gaz et alimente le spectre d’une pénurie globale de carburants. Cette perturbation majeure provoque de fortes turbulences sur les marchés pétroliers, avec, à la clé, une hausse sensible des prix de l’essence et du diesel, y compris en Roumanie, dont les répercussions se font déjà sentir sur les prix à la consommation. Dans ce contexte, le gouvernement de Bucarest explore plusieurs leviers pour atténuer l’impact de cette flambée sur les ménages. La coalition au pouvoir a ainsi tranché, lundi, en faveur d’une réduction des droits d’accise sur les carburants, écartant en revanche toute baisse de la TVA. Les modalités précises de ce dispositif restent à définir, mais des sources gouvernementales indiquent que ses grands principes sont en cours d’élaboration. Il est notamment envisagé de suivre l’évolution du prix du baril au niveau mondial tous les dix jours, en parallèle des tarifs à la pompe, afin d’activer, si nécessaire, une diminution de 5 % des droits d’accise. Le seuil déclenchant cette mesure demeure à l’étude, avec une hypothèse de 10 % actuellement examinée, tandis que l’ampleur de la réduction pourrait, elle, atteindre jusqu’à 25 %. Lors d’une interview télévisée, le Premier ministre Ilie Bolojan a par ailleurs évoqué la possibilité inédite de réduire la taxe d’accise sur le gazole. Il a souligné que, depuis le début du conflit au Moyen-Orient, ce carburant enregistrait la plus forte progression de prix de ces dernières années, affectant particulièrement les consommateurs. Dans le même temps, l’option de la création d’un fonds de solidarité a été avancée, alimenté par les profits exceptionnels réalisés par les entreprises du secteur pétrolier dans ce contexte de crise.
Un mécanisme de solidarité au cœur des discussions
« Dans le contexte actuel, le marché roumain présente certaines spécificités. On y trouve des entreprises qui extraient, raffinent et distribuent du pétrole brut en Roumanie, ainsi que des entreprises qui ne l’extraient pas, mais se contentent de le raffiner sur place. D’autres entreprises raffinent dans d’autres pays et importent ensuite les produits raffinés en Roumanie, et d’autres encore achètent simplement sur le marché pour revendre. Cependant, celles qui, grâce à l’exploitation du pétrole brut roumain ou à une chaîne de valeur leur permettant de réaliser des profits exceptionnels du fait de cette crise, doivent contribuer à un fonds de solidarité, au prix de ces profits, afin de financer les baisses de prix. »
Le chef du gouvernement a précisé que l’Exécutif communiquerait prochainement sur le niveau exact de la réduction envisagée, ajoutant que les acteurs du secteur des carburants seraient appelés à en soutenir le financement. Le ministère des Finances planche actuellement sur les modalités techniques et budgétaires de cette mesure, avec pour objectif d’en garantir à la fois l’efficacité opérationnelle et la viabilité dans le temps, a conclu Ilie Bolojan.