De nouveaux scénarios pour le taux d’inflation
À Bucarest, la Banque Centrale table sur une hausse du taux d’inflation plus élevée que prévu.
Corina Cristea, 02.03.2026, 11:52
Les perspectives sur le taux d’inflation de la Banque Centrale de Roumanie viennent d’empirer. L’institution annonce désormais que ce taux devrait augmenter en avril, mai et juin prochain plus qu’anticipé antérieurement. Selon la Banque Nationale de Roumanie (BNR), le taux d’inflation grimpera jusqu’à 10 % en juin, pour baisser en décembre 2026 à 4 %. Ce n’est qu’à la fin de l’année prochaine que le taux d’inflation pourrait tourner autour des 2,9 %, estime l’institution financière.
Un rapport initial plus optimiste
Ces nouvelles arrivent à moins de deux semaines depuis le rapport trimestriel de la Banque Centrale sur l’inflation, qui avait alors révisé à la hausse de 3,7 à 3,9 % ses pronostics pour la fin de cette année et donné une estimation d’un taux d’inflation de 2,7 % en 2027. Selon ce rapport présenté par le gouverneur Mugur Isarescu, après une légère baisse au premier trimestre de cette année, l’inflation devrait augmenter à nouveau au deuxième trimestre. Les spécialistes de la Banque Centrale expliquent cette évolution par l’élimination du plafond sur la marge commerciale pour les aliments de base, doublée par les effets engendrés par la hausse des tarifs de l’énergie et des accises l’année dernière.
En revanche, pour le troisième trimestre 2026, la Banque Centrale anticipait récemment une véritable chute du taux d’inflation, avant d’atteindre le niveau cible au premier semestre de 2027. Ce taux devait être soutenu par la correction budgétaire, mais aussi par la baisse de la consommation, lisait-on dans le rapport présenté récemment par la BNR.
Le taux directeur est maintenu
À ce moment-là, le gouverneur de l’institution Mugur Isarescu avait aussi décidé que le taux directeur ne pouvait pas être réduit, même si une telle mesure aurait aidé à faire baisser plus rapidement le taux d’inflation. Mais cela aurait également déterminé l’entrée en récession de l’économie roumaine, une chose qui n’est pas du tout souhaitable, notamment dans les conditions où il faut encore corriger le déficit budgétaire.
La dette publique est toujours élevée
Par ailleurs, le niveau de la dette publique, qui avait dépassé pour la première fois les 60 % du PIB, est toujours élevé et doit être diminué, ajoute le gouverneur. Pourtant, ce niveau ne signifie pas que la Roumanie court le risque de ne plus pouvoir payer ses crédits. Selon de Mugur Isarescu, la croissance économique de la Roumanie devrait reposer principalement sur les investissements publics réalisés à l’aide des fonds européens et non pas sur d’autres facilités fiscales réparties sur 10 ou 20 ans. A son avis, la stabilité politique est tout aussi nécessaire afin de pouvoir continuer les mesures, censées réduire le déficit budgétaire.
La zone euro, un horizon lointain
Enfin, la Roumanie pourrait démarrer les négociations en vue de son entrée dans la zone euro, d’ici cinq ans peut-être, estime le gouverneur de la Banque Centrale. Pourtant, une condition s’impose pour que cela soit possible, précise-t-il encore : il faut avant tout que le programme de réduction du déficit budgétaire en dessous des 3 % du PIB porte ses fruits. (trad. Valentina Beleavski)