La Banque Centrale maintient le taux directeur
Le Conseil d’administration de la Banque Nationale de Roumanie a décidé de maintenir le taux directeur à 6,5 % par an
Ştefan Stoica, 18.02.2026, 13:09
Le taux annuel d’inflation continuera de baisser lentement au cours du premier trimestre de 2026, pour augmenter au 2e trimestre, sur toile de fond des influences qui suivent ses effets de base, et en raison aussi de l’évolution des cotations de certaines marchandises et de l’élimination du plafond pour la marge commerciale appliquée aux aliments de base. Par la suite, au troisième trimestre de cette année, le taux annuel d’inflation devrait chuter brusquement, avant de connaître une descente graduelle pour atteindre, au premier semestre de l’année prochaine, la cible d’inflation.
Ce sont les estimations publiées dans l’édition de février 2026 du Rapport sur l’inflation, examiné et approuvé mardi par le Conseil d’administration de la Banque Nationale de la Roumanie. L’institution avertit qu’il existe toujours des incertitudes concernant les futures mesures de consolidation budgétaire, à prendre l’année prochaine, selon Plan budgétaire-structurel sur le moyen terme, convenu avec la Commission européenne et conformément aussi à la procédure de déficit excessif.
Des incertitudes et des risques importants pèsent sur les perspectives de l’activité économique, et notamment sur l’évolution de l’inflation sur le moyen terme, en raison notamment de facteurs extérieurs. Ces facteurs sont liés, d’une part, aux conflits géopolitiques et aux tensions commerciales mondiales, et d’autre part, aux projets d’augmentation des dépenses en matière de défense et d’investissement dans les infrastructures des Etats-membres de l’UE.
Selon la Banque Centrale, sur cette toile de fond, l’absorption et l’utilisation optimale des fonds européens, en particulier ceux correspondant au Plan National de Relance et de Résilience, s’avèrent essentielles pour compenser partiellement les effets de ralentissement économique entraînés par les mesures de consolidation budgétaire et ceux des conflits géopolitiques et commerciaux, ainsi que pour mener à bien les réformes structurelles nécessaires, dont la transition énergétique.
Dans tout ce contexte, la Banque Nationale de la Roumanie souligne également l’importance des décisions de politique monétaire de la Banque centrale européenne et du Système bancaire central des Etats-Unis (Fed), ainsi que de la position des banques centrales de la région.
Autant de raisons pour lesquelles, l’institution de Bucarest a décidé de maintenir le taux directeur à 6,5 % par an. Même cas de figure pour le taux d’intérêt de la facilité de prêt qui reste à 7,5 % par an et pour le taux d’intérêt de la facilité de dépôt, maintenu à 5,5 % par an. Le Conseil d’administration de la Banque nationale de Roumanie a également décidé de garder les niveaux actuels des réserves obligatoires en monnaie nationale et en devises des institutions de crédit.
Selon l’analyste financier Dragoş Cabat, compte tenu de l’inflation actuelle très élevée, il aurait été impossible de diminuer le taux directeur, la croissance économique étant extrêmement faible. Par conséquent, garder taux directeur au même niveau s’avère la décision la plus judicieuse. D’ailleurs, selon Dragoş Cabat, une baisse du taux directeur cette année est improbable. A son avis, c’est uniquement si le taux d’inflation arrive à 5-6 % vers octobre-novembre 2026, que la Banque Centrale pourra procéder, par la suite, à une ou deux réductions du taux directeur.