Plan d’action contre le harcèlement en ligne
La commission européenne vient de lancer un plan d’action contre le harcèlement en ligne, afin de mieux protéger les jeunes sur la Toile
Roxana Vasile, 11.02.2026, 12:44
Près de 80 % des enfants roumains naviguent sur Internet sans aucune restriction et l’absence du contrôle parental ne fait que s’accentuer à mesure que leur âge avance, c’est ce que constate une enquête sociologique réalisée par l’organisation « Salvati Copiii »/ Sauvez les enfants Roumanie. Selon l’ONG, plus d’un tiers des enfants de 12 à 14 ans ont des profils publics sur les réseaux sociaux, ce qui facilite les contacts fréquents avec des personnes inconnues. Et pour cause. Près de la moitié, ont déclaré à avoir été approchés par des inconnus en ligne, alors qu’un tiers ont même rapporté des situations de harcèlement ou des interactions inconfortables. Plus encore, plus de deux tiers des enfants questionnés ont été exposés à des contenus traumatisants qui leur ont fait très peur. Face à tous ces dangers, la plupart choisit d’ignorer la situation, alors que seulement un pourcentage infime de seulement 5 % a le courage de demander l’aide d’un adulte. La publicité pour les substances interdites aux mineurs, telles l’alcool, la nicotine ou les médicaments, est accessible à la plupart des enfants actifs en ligne, notamment aux grands adolescents. L’acquisition de tels produits sur Internet, bien déclarée par très peu d’enfants, indique une autre vulnérabilité réelle et des difficultés de contrôler leur accès à ces substances. S’y ajoutent trends dangereuses, ce que l’on appelle des « challenges » et qui sont accessibles pour 60 % des enfants et auxquelles certains participent activement.
Dans ce contexte, l’O.N.G. « Sauvez les enfants Roumanie » estime que la sécurité en ligne des mineurs doit devenir une priorité de politique publique. L’ONG recommande la prise de mesures législatives et administratives urgentes, cohérentes et structurées visant l’interdiction totale et sans exception l’accès aux réseaux sociaux des enfants de moins de 13 ans et un accès conditionné pour les mineurs âgés de 13 à 15 ans, uniquement avec l’accord explicite des parents. Plus encore, selon l’organisation, les plates-formes sociales doivent assumer la responsabilité pour protéger les mineurs dans le milieu en ligne estimant que des sanctions réels sont nécessaires pour les réseaux qui permettent la création de profils par des mineurs, sans vérification.
La securité en ligne – un problème communautaire
Mais la sécurité en ligne des enfants n’est pas seulement un problème national ! En témoigne et le fait que l’Exécutif de Bruxelles vient de lancer un plan d’action contre le harcèlement en ligne. Parmi les mesures proposées par la Commission européenne, figure la création d’une application au niveau de l’Union européenne permettant aux victimes du cyber-bullying de rapporter rapidement les abus et recevoir une aide spécialisée. L’application permettra de stocker en toute sécurité les preuves de ces abus et elle sera connectée aux réseaux nationaux d’assistance et adaptée à chaque Etat-membre. Le plan propose également une approche coordonnée au niveau communautaire, de sorte que tous les jeunes puissent bénéficier du même niveau de protection. Les Etats-membres travailleront pour s’aligner sur une définition commune du harcèlement en ligne et collecteront des données comparables, afin de mieux lutter contre ce fléau. La Commission, quant à elle, se propose de renforcer la législation déjà existante avec un accent mis sur la lutte contre les contenus illégaux et les fausses informations, mais aussi sur la responsabilité des plateformes en ligne. Enfin, un autre pilier important du plan proposé par la Commission européenne : la prévention par l’éducation numérique, censée promouvoir un comportement en ligne responsable et élargir les ressources des écoles pour une Toile qui soit considéré comme sûre.