Le niveau de vie au cœur des inquiétudes des Roumains
La baisse du niveau de vie et la pauvreté figurent en tête des préoccupations des Roumains, avec une intensité supérieure à celle observée dans la plupart des États membres de l’Union européenne. C’est ce que révèlent les données de l’Eurobaromètre consacrées à la perception de la situation économique des Européens, analysées par le Monitorul Social, un projet de la Fondation Friedrich-Ebert Roumanie.
Mihai Pelin, 06.10.2026, 11:22
La baisse du niveau de vie et la pauvreté figurent en tête des préoccupations des Roumains, avec une intensité supérieure à celle observée dans la plupart des États membres de l’Union européenne. C’est ce que révèlent les données de l’Eurobaromètre consacrées à la perception de la situation économique des Européens, analysées par le Monitorul Social, un projet de la Fondation Friedrich-Ebert Roumanie. Les inquiétudes portent notamment sur la capacité à faire face aux dépenses essentielles, qu’il s’agisse des factures d’énergie, de l’alimentation ou des soins médicaux. Ainsi, 62 % des Roumains se disent préoccupés par une éventuelle dégradation de leur niveau de vie, contre 40 % en moyenne dans l’UE. La pauvreté inquiète par ailleurs 48 % d’entre eux, contre 32 % à l’échelle européenne. Ces deux préoccupations témoignent d’une situation qui demeure fragile en Roumanie, mais également dans plusieurs pays d’Europe du Sud et de l’Est. La Pologne fait exception, avec 21 % des personnes interrogées préoccupées par la pauvreté et 36 % par une baisse du niveau de vie, soulignent les auteurs de l’étude.
Les inquiétudes se cristallisent également autour des biens et services que les Roumains redoutent de ne plus pouvoir s’offrir au cours des douze prochains mois. Les voyages arrivent en tête, cités par 45 % des personnes interrogées, devant les services publics, notamment les factures d’énergie et d’eau (44 %), ainsi que les soins médicaux (44 %). L’alimentation n’échappe pas à cette crainte : 40 % des Roumains estiment qu’ils pourraient ne plus être en mesure de la financer l’année prochaine. Des proportions comparables sont relevées en Irlande, en Grèce et au Portugal, précise la Fondation Friedrich-Ebert Roumanie.
Une perception contrastée de l’avenir
À l’inverse, les dépenses de première nécessité — alimentation, logement et services publics — ne figurent pas au premier rang des préoccupations en Allemagne, en France ou en Italie. Dans ces pays, les inquiétudes se concentrent davantage sur des dépenses moins essentielles, comme les voyages, les loisirs ou les sorties au restaurant. En Roumanie, 50 % des personnes interrogées jugent par ailleurs mauvaise la situation économique actuelle de leur pays, tandis qu’un quart la considère comme ni bonne ni mauvaise et un peu plus d’un cinquième comme bonne. Une répartition qui rejoint, dans l’ensemble, la perception moyenne observée dans l’Union européenne. Lorsqu’ils sont invités à évaluer leur propre situation économique, 34 % des Roumains la jugent bonne, contre 36 % en moyenne dans l’UE ; 38 % la considèrent comme ni bonne ni mauvaise (35 % dans l’UE), tandis que 27 % la jugent mauvaise, soit exactement la moyenne européenne. Ce regard sur le présent se prolonge par une certaine inquiétude quant à l’avenir : 42 % des Roumains pensent que le niveau de vie des enfants d’aujourd’hui sera, à l’âge adulte, inférieur à celui de leurs parents, une proportion proche de la moyenne européenne (45 %). Le pessimisme est toutefois davantage marqué dans plusieurs pays d’Europe occidentale, notamment en Allemagne (46 %), en France (56 %) et en Italie (52 %). À l’Est, la Bulgarie, la Hongrie et la Pologne se distinguent au contraire par des anticipations plus optimistes, avec environ 26 à 27 % des personnes interrogées partageant cette crainte.