Bucarest clarifie sa position sur le Moyen-Orient
La Roumanie n'est pas impliquée dans le conflit qui oppose l'Iran aux États-Unis et à Israël, affirme Bucarest.
Ştefan Stoica, 17.03.2026, 11:59
Le ministère des Affaires étrangères de Bucarest a réagi promptement aux avertissements lancés lundi par Téhéran, rappelant que la Roumanie n’était pas partie prenante au conflit au Moyen-Orient. La priorité des autorités roumaines reste l’effort diplomatique visant à désamorcer la situation. L’Iran avait averti la Roumanie qu’elle pourrait faire l’objet de représailles politiques et juridiques après avoir autorisé les États-Unis à utiliser des bases situées sur son territoire pour mener des opérations contre le pays. « Si la Roumanie met ses bases à la disposition des États-Unis, cela équivaudrait à une participation à l’agression militaire contre l’Iran », a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. Selon lui, une telle initiative serait inacceptable au regard du droit international et engagerait la responsabilité internationale de la Roumanie.
Malgré ces avertissements, certains diplomates chevronnés estiment que Bucarest n’a pas à rendre de comptes sur ses relations avec ses alliés, dont les États-Unis, partenaires stratégiques de longue date. Le ministère des Affaires étrangères a rappelé que l’accord bilatéral d’accès de 2006 fournit un cadre juridique clair et garanti pour l’utilisation continue des bases militaires roumaines par Washington. Depuis plus de dix ans, la Roumanie héberge des capacités de défense antimissile contre des menaces extérieures à l’espace euro‑atlantique. Le système déployé dans le sud du pays est strictement défensif et utilisé uniquement à des fins d’autodéfense, conformément à la Charte des Nations unies. Par ailleurs, Bucarest a condamné les attaques jugées « totalement injustifiées » de l’Iran contre les États du Golfe et a remercié ces derniers pour la protection apportée aux citoyens roumains sur leur territoire. « Nous demandons à l’Iran de mettre fin à ces attaques, qui mettent des vies humaines en danger et entraînent une dégradation de la sécurité et de l’économie mondiale », a ajouté le ministère.
Déploiement militaire et soutien européen : une vigilance accrue
Les protestations de Téhéran interviennent après que le Parlement roumain a approuvé, la semaine dernière, la décision du Conseil suprême de défense (CSAT) concernant le déploiement temporaire de certains équipements défensifs et de forces militaires américaines, dans le contexte de la crise au Moyen-Orient. Cette décision survient malgré les critiques alarmistes de l’opposition populiste et ultranationaliste, qui tentait de faire craindre une implication directe dans le conflit. Selon le CSAT, des avions ravitailleurs, des équipements de surveillance et des systèmes de communication par satellite seront déployés, tandis que 400 à 500 militaires américains seront affectés à deux bases, l’une près de la mer Noire et l’autre au centre du pays.
À Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, dont la chef de la diplomatie roumaine Oana Ţoiu, ont exprimé leur inquiétude face aux actions d’escalade de l’Iran, dont les conséquences dépassent les frontières régionales. La priorité de l’UE reste la sécurité des citoyens européens et la protection des civils. À ce jour, grâce au soutien de l’Union, 89 vols ont été effectués, dont cinq vols d’évacuation coordonnés par la Roumanie et la Pologne.