La Banque mondiale revoit ses pronostics à la baisse pour la Roumanie
Selon la Banque mondiale, l'économie roumaine devrait désormais afficher une croissance nulle en 2026
Ştefan Stoica, 12.06.2026, 12:46
L’économie mondiale s’oriente vers un net ralentissement cette année. Dans son dernier rapport, la Banque mondiale a revu à la baisse ses prévisions de croissance, désormais établies à 2,5 %, contre 2,6 % anticipés en janvier. L’institution attribue principalement cette révision au regain de tensions provoqué par le conflit au Moyen-Orient. Si cette estimation se confirme, il s’agirait du rythme d’expansion économique le plus faible enregistré depuis la fin de la pandémie de Covid-19, en 2019. L’institution financière internationale met également en garde contre un scénario plus défavorable. En cas de perturbations plus importantes des approvisionnements énergétiques et de vives turbulences sur les marchés financiers, la croissance mondiale pourrait être ramenée à seulement 1,3 %. Un tel choc accentuerait les fragilités déjà observées dans plusieurs économies émergentes et pèserait davantage sur les perspectives d’investissement et de consommation à l’échelle internationale.
Des perspectives fortement dégradées
La Roumanie figure parmi les pays dont les prévisions ont été les plus sévèrement revues depuis le début de l’année. Selon la Banque mondiale, l’économie roumaine devrait désormais afficher une croissance nulle en 2026, alors qu’une progression de 1,3 % était encore attendue en janvier. Pour 2027, l’institution table sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,7 %, contre 1,9 % précédemment, avant une accélération plus modérée à 2 % en 2028. Le rapport souligne que la Roumanie, aux côtés de la Turquie, de la République de Moldavie et de l’Ukraine, subit de plein fouet les conséquences du choc sur les prix des matières premières, auxquelles s’ajoutent des vulnérabilités propres à chaque économie. Si la politique budgétaire devrait continuer à soutenir l’activité dans la plupart des pays entre 2026 et 2028, les déficits publics devraient demeurer élevés sous l’effet de pressions persistantes sur les dépenses, notamment dans le domaine de la défense.
La Banque mondiale avertit également que les marges de manœuvre budgétaires limitées, particulièrement en Roumanie, au Monténégro et en Ukraine, pourraient réduire la capacité des autorités à amortir les effets d’un nouvel épisode de crise. Ces conclusions rejoignent les récentes révisions publiées par la Commission nationale pour la stratégie et les prévisions (CNSP), qui a abaissé son estimation de croissance pour 2026 à seulement 0,1 %, soit 0,9 point de pourcentage de moins que dans ses précédentes projections.
L’organisme explique cette dégradation par un contexte géopolitique particulièrement incertain, marqué par l’intensification du conflit au Moyen-Orient et le choc énergétique qui en découle sur les marchés mondiaux. Selon la CNSP, les tensions sur les prix des carburants, leur impact inflationniste et la poursuite des mesures d’assainissement budgétaire destinées à corriger les déséquilibres macroéconomiques ont contribué à assombrir les perspectives pour l’année en cours.
À moyen terme, l’institution maintient toutefois ses prévisions pour la période 2027-2029, tablant sur une croissance annuelle moyenne du PIB de 2,2 %, principalement portée par la poursuite des investissements. Après le ralentissement attendu en 2026, la consommation privée devrait progressivement retrouver du dynamisme et progresser à un rythme supérieur à celui de l’économie, à mesure que les effets de la consolidation budgétaire s’atténueront.