Grève dans le secteur de la santé en Roumanie
Des milliers de médecins, d'infirmiers et d'autres professionnels de santé de près de 500 hôpitaux roumains sont en grève générale illimitée, mécontents du projet de loi sur les salaires dans le secteur public
Sorin Iordan, 29.07.2026, 12:38
La grève générale déclenchée mardi dans le secteur de la santé roumain se poursuit, les négociations entre la Fédération Sanitas et le ministère de la Santé s’étant soldées par un échec. Des milliers de médecins, d’infirmiers et d’autres professionnels de santé issus de près de 500 hôpitaux à travers le pays observent un mouvement de protestation d’une durée indéterminée contre le projet de loi sur la grille de salaire unique dans le secteur public. Toujours en cours d’examen, ce texte constitue une condition essentielle au déblocage d’une tranche d’environ 800 millions d’euros de financements européens. Les représentants du secteur dénoncent une réforme qui, selon eux, entraînerait une diminution des revenus de nombreux salariés. À l’issue des discussions avec le ministère, le président de la Fédération Sanitas, Iulian Pope, a indiqué que les autorités n’avaient apporté aucune garantie concernant les principales revendications syndicales, notamment le déblocage des recrutements, le financement des hôpitaux et le contenu de la future loi sur les rémunérations. Iulian Pope :
« De nombreuses dispositions restent encore à clarifier. Selon nos estimations, plusieurs scénarios pourraient se traduire par une baisse des revenus pour une partie importante de nos collègues, tandis que beaucoup d’entre eux seraient soumis au régime des montants compensatoires transitoires. À ce stade, aucune garantie ne nous permet d’affirmer que ces difficultés seront effectivement résolues. »
Le responsable syndical a reconnu que le gouvernement intérimaire disposait de marges de manœuvre limitées, tout en appelant les responsables politiques à dépasser leurs divergences afin de constituer rapidement un exécutif doté de pleins pouvoirs, capable d’engager de véritables négociations et d’apporter des solutions aux difficultés du système de santé. L’une des revendications majeures des syndicats, le déblocage des recrutements, a néanmoins connu une première avancée mardi soir. Réuni en séance extraordinaire, le gouvernement a approuvé un mémorandum autorisant l’ouverture de plus de 6 850 postes dans le secteur de la santé, principalement destinés aux infirmiers, au personnel auxiliaire et aux médecins.
Le gouvernement tente de rassurer le secteur
Le Premier ministre Ilie Bolojan a estimé que le mouvement de grève reposait en grande partie sur une interprétation erronée du projet de loi sur la grille de salaire unique dans le secteur public. Il a assuré que la réforme ne se traduirait par aucune diminution des salaires, tout en annonçant une profonde évolution du mode de financement des établissements hospitaliers. Ilie Bolojan :
« À l’avenir, le financement des hôpitaux devra reposer sur les soins effectivement dispensés aux patients. Chaque cas traité devra générer les ressources nécessaires pour couvrir les rémunérations du personnel ainsi que l’ensemble des dépenses de fonctionnement. Les établissements qui répondent aux besoins de la population disposeront d’une activité suffisante et fonctionneront normalement. En revanche, ceux qui dépendent aujourd’hui essentiellement des transferts budgétaires devront repenser leur offre de soins, adapter leurs effectifs et réorganiser les spécialités qu’ils proposent. »
Le chef du gouvernement a également indiqué que les autorités avaient reçu des demandes portant sur le déblocage de quelque 26 000 postes dans les hôpitaux publics. Il a précisé qu’environ 2 000 emplois avaient déjà été répartis en priorité entre les hôpitaux des chefs-lieux de département, les centres hospitaliers universitaires et les établissements les plus performants, confrontés à une pénurie aiguë de personnel. Selon les syndicats, le système de santé roumain accuse actuellement un déficit d’environ 30 000 professionnels.