L’avertissement de Fitch
L’agence de d’évaluation financière Fitch a décidé de maintenir la note de la Roumanie sur le dernier niveau recommandé aux investissements.
Mihai Pelin, 03.08.2026, 13:23
Fitch a maintenu la note souveraine de la Roumanie à BBB – aux perspectives négatives mais l’agence de notation avertit qu’un éventuel échec des mesures de consolidation fiscale et la détérioration de la stabilité macroéconomique pourraient mener à une détérioration de cette note. Fitch a motivé la décision de maintenir la Roumanie un cran au dessous de la catégorie dite « junk », soit non-recommandée aux investisseurs, principalement par l’incertitude politique suite à la chute du gouvernement, qui met en question la poursuite de ces efforts d’ailleurs très appréciés par les évaluateurs, de réduire le déficit budgétaire.
Les coûts sociaux d’une série de mesures censées réduire le déficit et les calculs électoraux, rendent tout progrès encore plus fragile.
L’agence de notation financière estime toutefois qu’en 2026, le déficit budgétaire s’établira à 5,9 % du PIB, inférieur à l’objectif de 6 %, et n’atteindra les 5 % qu’en 2028. Dans son rapport, Fitch évoque également le risque d’une augmentation continue de la dette publique, ce qui exercera une pression supplémentaire sur l’État, compte tenu de l’inflation et de la dépréciation du leu, puisque 53 % de la dette est libellée en devises étrangères. Enfin, l’agence prévoit une croissance économique de 0,6 % cette année et un retour à la croissance économique vers 2028, lorsqu’il se chiffrera aux alentours des 2,3 %. De même, l’inflation atteindra les 7,6 % en 2026 et ne diminuera à 3,8 % qu’en 2028.
« La Roumanie fonctionne, malgré les turbulences politiques »
Le président Nicușor Dan s’est félicité du rapport de Fitch qui confirme la stabilité de la Roumanie et a indiqué qu’un consensus politique existait actuellement sur les principaux objectifs économiques et de réforme, tels que le maintien de la trajectoire financière du pays, l’élaboration du budget 2027 et la transition vers l’euro. Le chef de l’État a admis que le pays se confrontait à des difficultés économiques, mais a tenu à exprimer sa confiance: « La Roumanie fonctionne, malgré les turbulences politiques », a-t-il affirmé. De son côté, le ministre des Finances par intérim, Alexandru Nazaré, a indiqué que la Roumanie disposait d’arguments financiers solides, mais que le facteur le plus sensible restait la situation politique. Fitch a clairement averti, dans son rapport, qu’une impasse politique prolongée pourrait empêcher la mise en œuvre de mesures, retarder les réformes du PNRR et peser sur la notation, a-t-il ajouté.
On a évité de justesse une dégradation de la note
Par ailleurs, le président de l’Association CFA Roumanie, Adrian Codirlaşu, estime que la Roumanie a évité de justesse une dégradation de sa notation et que le rapport de Fitch indique une détérioration des perspectives économiques. Selon lui, le maintien de la note a été possible car le gouvernement a démontré sa capacité à maîtriser les dépenses publiques. Il souligne cependant que l’absence de réformes, le risque de perdre les fonds européens et la possibilité d’un retour à des déficits importants maintiennent l’économie dans une situation de vulnérabilité.
Pas totalement à l’abri
La Roumanie n’est pas totalement à l’abri d’une dégradation de sa note, car après le rapport de Fitch, une nouvelle évaluation, réalisée par Moody’s, est attendue vendredi. En suite, si ce résultat est également positif, il faudra également voir si l’évaluation de Standard & Poor’s Global Ratings, qui aura lieu en octobre est également positive. (Mihai)