La fin du PNRR
Le 31 août était le dernier jour pour Bucarest de remplir les réformes et investissements assumés par la Roumanie dans le cadre du Plan National de Relance et de Résilience. Bilan.
Mihai Pelin, 01.09.2026, 12:32
Des projets finalisés à la dernière minute
C’est la fin des financements européens dont la Roumanie bénéficiait dans le cadre de son Plan national de relance et de résilience (PNRR). Le lundi 31 août, dernier jour du Plan, plusieurs objectifs étaient encore en train d’être validés et différents actes normatifs étaient adoptés par le Gouvernement dans une tentative de s’assurer qu’un nombre aussi grand que possible d’engagements et jalons assumés sont accomplis. Par exemple, à Târgu Mureş (centre), le nouveau Centre chirurgical cardiovasculaire de l’Institut du Coeur a été inauguré, alors que dans l’est du pays, un nouveau tronçon d’environ 50 km de l’autoroute A7 dite « de la Moldova » a été ouvert à la circulation routière.
Le PNRR, un grand avantage pour la Roumanie
Somme toute, des investissements importants ont été faits en Roumanie grâce aux financements du Plan, a déclaré à Bucarest le premier ministre par intérim llie Bolojan, qui a en énuméré quelques exemples précis :
« Il s’agit d’importants projets visant la grande infrastructure, à savoir : des voies ferrées qui ont été modernisées et électrifiées, ou bien le réseau d’hôpitaux de Roumanie, de nombreux projets encore portant sur la qualité de l’enseignement dans les établissements scolaires à travers le pays, dans presque tous les chefs-lieux de département. La plupart des écoles ont été modernisées, équipées, réhabilitées et dotées d’infrastructure de dernière génération. S’y ajoutent de nombreux projets en matière d’efficacité énergétique que les autorités locales ont finalisés en toute conformité. »
13 milliards et demi d’euros sous de fonds non remboursables – c’est la somme reçue par la Roumanie par le biais du PNRR à laquelle s’ajoutent environ 7 milliards d’euros sous forme de crédit, une composante qui a diminué graduellement afin de réduire le plus que possible le risque de perdre l’argent européen, a précisé llie Bolojan.
Des sommes importantes ont été perdues
Bucarest a néanmoins perdu quelques sommes consistantes, dont une tranche de 770 millions d’euros pour ne pas avoir adopté la réforme des salaires dans le secteur public, ou encore un financement de près de 100 millions d’euros en raison des mesures incomplètes prises dans le domaine de la décarbonation. C’est en raison des retards enregistrés dans la création de nouvelles capacités de production, qu’il a été impossible de remplacer les centrales à charbon, a expliqué le premier ministre par intérim.
D’ailleurs, la mise en œuvre du Plan a été affectée par des retards et par différents problèmes survenus dès les premières étapes du programme, estime Ilie Bolojan. Dans une tentative de remédier à la situation, ces dernières années, Bucarest a renégocié plusieurs jalons et a réduit l’ampleur de certains engagements. Sur les plus de 15 000 investissements assumés initialement, près de 4 500 projets n’ont pas pu être finalisés ou validés.
La Roumanie, en queue du peloton européen
A comparer avec les autres Etats-membres, la Roumanie se retrouve en queue de peloton pour ce qui est du financement européen reçu effectivement, avec 61 % seulement du total qui lui avait été destiné. Les championnes absolues en la matière, sont l’Espagne et l’Italie, qui ont attiré 90 – 100 % des fonds. Elles sont suivies par le Portugal et la Grèce, avec un taux d’absorption de 80-85 %. La plupart des Etats-membres ont réussi à obtenir environ 70-75 % des fonds qui leur avaient été alloués. Par exemple, la Pologne a réussi à bénéficier de plus de 65 % de cet argent européen, ayant fortement accéléré les réformes et les demandes de paiement cette dernière année. Dans tout ce contexte, la Roumanie ne devance que la Bulgarie qui n’a sécurisé que 53 % des fonds de son PNRR, en raison d’une forte instabilité politique interne. (trad. Valentina Beleavski)