La Roumanie et les menaces iraniennes
L’Iran ne menace pas directement la Roumanie et les Roumains peuvent se sentir toujours en sécurité, assure la ministre des Affaires étrangères, OanaȚoiu
Roxana Vasile, 19.03.2026, 12:54
Le conflit au Moyen-Orient domine largement l’agenda politique de nombreux Etats à travers le monde, préoccupés non seulement par les hostilités militaires dans la région, mais aussi par leurs répercussions économiques.
Sur cette toile de fond ce week-end, à Bruxelles, après une rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, le président roumain Nicușor Dan participera au Conseil européen et au Sommet de la zone euro, dans un format élargi, consacré aux moyens par lesquels l’Union européenne peut contribuer à l’apaisement des tensions et à la stabilisation de la situation au Moyen Orient. Parmi les autres points importants à l’agenda figurent l’impact du conflit sur l’économie mondiale, l’inflation, les prix de l’énergie et les flux commerciaux, ainsi que la nécessité de protéger les citoyens européens, notamment roumains, dans la région.
A Bucarest, la ministre des Affaires étrangères, OanaŢoiu, a déclaré que l’ambassadeur de Roumanie à Téhéran avait été rappelé après l’intensification du conflit, mais que du personnel diplomatique restait en Iran pour soutenir les Roumains sur place. Par ailleurs, la ministre a réaffirmé qu’aucune menace directe ne pesait sur la Roumanie de la part de l’Iran et que les Roumains pouvaient se sentir en sécurité dans leur pays.
« L’entretien entre la presse et le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères n’a pas abordé la question des représailles militaires. Il a explicitement été question de conséquences politiques et juridiques, ce qui implique des discussions supplémentaires au sein des Nations Unies », a précisé OanaŢoiu.
Rappelons que plus tôt dans la semaine, Téhéran avait averti qu’il pourrait réagir politiquement et juridiquement contre la Roumanie après que l’Etat roumain ait autorisé les Etats-Unis à utiliser des bases sur son territoire pour des opérations au Moyen-Orient.
La Roumanie n’est pas partie prenante au conflit et plaide pour une désescalade depuis le début, a souligné la diplomatie de Bucarest. Celle-ci a insisté sur le fait que le bouclier antimissile américain de Deveselu (sud) a été conçu comme un élément strictement défensif et par conséquent les Etats-Unis peuvent l’utilisé tout à fait légalement.
« Ces derniers jours, conjointement avec les Etats-Unis, nous avons renforcé nos capacités de défense. La Roumanie dispose, depuis 2016, d’un bouclier antimissile à Deveselu, en partenariat avec les Etats-Unis, et nous continuerons à fournir l’accès à des équipements non cinétiques. (…) Il est important que, lorsque nous avons des partenariats stratégiques (et la Roumanie et les Etats-Unis déroulent un partenariat stratégique de longue durée), nous utilisions nos capacités exclusivement défensives », a également déclaré OanaȚoiu.
Le ministre de la Défense, Radu Miruţă, a quant à lui affirmé que le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères évoquait des représailles juridiques et politiques, et non militaires, un risque dont, aucune information n’avait été communiquée à ce jour, selon le responsable roumain.