La Roumanie offre son soutien à Chisinau en proie à un désastre écologique
Réaction prompte de la Roumanie après que la République de Moldavie voisine a été touchée par un grave incident écologique.
Bogdan Matei, 19.03.2026, 11:50
Cela fait plus de quatre ans que les analystes militaires et politiques affirment à l’unisson que la République de Moldavie est le pays le plus touché par les conséquences de l’invasion russe en Ukraine, déclenchée le 24 février 2022. Des vagues de réfugiés, des pénétrations de drones dans le ciel moldave, des difficultés économiques, des crises énergétiques, des fake-news ou encore de l’ingérence russe dans les processus électoraux du pays, ce sont là autant de défis que les autorités pro-occidentales de Chisinau ont dû relever dernièrement.
Déversement de carburant dans le Dniestr
Malheureusement, un nouvel incident, cette fois-ci, écologique, vient de se produire en Moldavie. Le pays a déclenché une alerte à la pollution après un déversement de carburant dans le Dniestr provoqué par une frappe militaire russe contre la centrale hydroélectrique « Novodnestrovsk” située en amont de la rivière, en Ukraine.
« Le Dniestr représente la principale source d’eau pour 80% de la population moldave et pour 98% des habitants de la capitale, Chisinau. De tels incidents à fort impact transfrontalier mettent en danger l’environnement, une distribution sécurisée d’eau courante et la santé de la population et donc, on ne peut pas les accepter » ont affirmé dans un message transmis à l’ambassadeur russe, Oleg Ozerov, les représentants de la diplomatie de Chisinau. « Nous avons déclenché une alerte à la pollution et nous agissons afin de protéger la population. Mais, toute la responsabilité appartient à la Russie» a martelé la cheffe de l’Etat, Maia Sandu.
La Roumanie réagit
La commissaire européenne à l’élargissement, Marta Kos, a tenu à rappeler qu’un tel incident prouve encore une fois que la guerre menée par la Russie ne s’arrête pas aux frontières ukrainiennes et donc, elle a réitéré la solidarité de l’Union avec la République de Moldavie. Parmi les membres du bloc communautaire, la Roumanie voisine a été le premier pays à réagir. L’Administration nationale des Eaux roumaines a mis à la disposition de son voisin moldave des équipements et des matériaux. Elle a également dépêché une équipe qui a contribué à l’installation d’un barrage afin de contenir en surface la nappe d’hydrocarbures. Par ailleurs, l’Inspection générale pour les situations d’urgence de Roumanie a coordonné cette action, tout comme le transport des équipements nécessaires à l’intervention. Il s’agit de plusieurs tonnes de matériaux absorbants, utilisés pour limiter la propagation de la marrée noire et protéger l’infrastructure de distribution d’eau potable vers les localités situées tout au long du fleuve.
La localité de Balti, sans eau potable
À Balti, deuxième ville la plus grande de la République de Moldavie, un convoi de camions-citernes envoyé par la municipalité de Iasi, ville dans l’est de la Roumanie, a réussi à distribuer de l’eau aux quelques cent mille habitants. « Par ces temps difficiles, marqués par la coupure d’eau potable à Balti, notre ville n’est plus sure » a affirmé le maire Alexandr Petkov, proche de Moscou et hostile à la Roumanie.