L’Arctique sous la loupe
L'Union européenne renforcera son rôle stratégique et prendra l'initiative dans l'Arctique européen afin de contrer les menaces russes
Roxana Vasile, 15.09.2026, 12:57
Réunis à un sommet dans le nord de la Finlande, douze pays ont appelé l’Union européenne à renforcer sa présence dans l’Arctique, région marquée par de fortes tensions géopolitiques, oscillant entre les menaces russes et les ambitions du président américain Donald Trump.
« La sécurité en Arctique doit être assurée collectivement ». C’est la position de ces Etats exprimée dans une déclaration commune adoptée à l’issue du sommet de Rovaniemi, auquel a participé également le président roumain Nicusor Dan.
Sept mois se sont écoulés depuis que le dirigeant américain a menacé à plusieurs reprises d’annexer par la force le Groenland, vaste territoire autonome danois, provoquant une crise majeure parmi les alliés occidentaux, comme le souligne l’AFP.
Si les tensions entre les Européens et Américains se sont depuis apaisées, les leaders européens n’ont pas oublié et souhaitent consolider leur influence dans la région, conscients de la présence d’une Russie hostile de l’autre côté de la longue frontière finlandaise. Selon eux, Moscou constitue une menace importante et durable pour la sécurité.
Réunis à Rovaniemi, ils ont appelé l’Union européenne à jouer un rôle plus stratégique et proactif. Car, comme l’a souligné le président du Conseil européen, António Costa, « ce qui se passe là-bas n’est pas une affaire régionale, mais un problème européen ».
Du point de vue de la Roumanie, une gestion cohérente et unifiée des défis est nécessaire sur l’ensemble de l’espace s’étendant de l’Arctique à la mer Noire, compte tenu de l’interconnexion des enjeux de sécurité dans ces régions.
Le président Nicusor Dan a déclaré :
« La Roumanie n’est certes pas un pays arctique, mais nous subissons les mêmes menaces sur tout son flanc oriental, venant de Russie : drones, attaques hybrides, sabotage. Face à des menaces similaires, nous devons adopter des mesures de dissuasion similaires. En mer Noire, nous possédons déjà une expertise en matière de déminage et de protection des câbles sous-marins, et nous pouvons partager cette expérience. »
Les préoccupations concernent également l’environnement et l’économie. La région arctique se réchauffe près de quatre fois plus vite que la moyenne mondiale en raison du changement climatique, ce qui a de graves conséquences pour les écosystèmes et les populations locales.
Compétition pour les resources
Pourtant la fonte de la calotte glaciaire ouvre également de nouvelles perspectives économiques et stratégiques. La Russie, la Chine et les Etats-Unis ont renforcé leur présence dans la région, notamment pour accéder à ses importantes ressources naturelles et développer de nouvelles routes maritimes.
Dans cette optique, l’un des enjeux pour l’Union européenne serait de disposer de sa propre flotte de brise-glaces ou de navires capables de naviguer dans des conditions très difficiles.
Quant à la Roumanie, elle possède une expertise dans le domaine minier et collabore déjà avec l’Institut géologique de Finlande. Elle dispose également d’une expertise en construction navale.
Aucune décision officielle n’a été prise lors du sommet en Finlande.
Cette réunion s’inscrivait dans le contexte de la présentation, par la Commission européenne dans les semaines à venir, d’une nouvelle stratégie pour l’Arctique, qui définira les grandes orientations de Bruxelles dans la région pour les années à venir.