Une attaque qui fait monter la tension en Europe
L'UE et l'OTAN ont décidé d'intensifier les pressions sur la Russie, à la suite de l'incident impliquant un drone à Leipzig.
Daniela Budu, 03.09.2026, 11:45
L’Union européenne et l’OTAN affichent leur volonté de resserrer les rangs et de maintenir la pression sur Moscou, après la découverte, le mois dernier, d’un drone chargé d’explosifs et d’un détonateur à l’aéroport de Leipzig, en Allemagne. Cette plateforme aéroportuaire constitue un important hub logistique, à la fois pour le transport civil et de fret et pour les activités de l’OTAN. Lors d’une conférence de presse conjointe, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Mark Rutte, ont condamné ce qu’ils présentent comme une tentative d’attaque par drone. Berlin en attribue la responsabilité à Moscou et dénonce une stratégie de « guerre hybride » destinée à intimider les Européens et à semer la division parmi les pays qui soutiennent l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe, en 2022. La Russie, elle, rejette toute implication et accuse l’Allemagne de mener une campagne prétendument antirusse.
Pour Ursula von der Leyen, l’Europe doit désormais se préparer à considérer ce type de menace comme une nouvelle réalité. Elle a annoncé vouloir intensifier la pression sur Moscou, notamment par de nouvelles sanctions, et renforcer la protection des infrastructures critiques européennes. « Les Européens sont confrontés à la cruelle réalité que c’est là la nouvelle normalité », a-t-elle déclaré, appelant à pouvoir répondre « plus rapidement et plus efficacement » à ce qu’elle qualifie d’« imprudence de la Russie ».
L’Europe veut rester unie face aux menaces hybrides
Mark Rutte a abondé dans ce sens, estimant que la Russie se montre « de plus en plus imprudente » à mesure qu’elle poursuit son offensive en Ukraine. Selon lui, la menace déborde désormais du champ de bataille pour atteindre directement le territoire européen et celui des pays membres de l’OTAN. Le secrétaire général de l’Alliance a notamment rappelé les incursions répétées de drones et de missiles dans l’espace aérien du flanc oriental, qui font peser, selon lui, un « risque accru » sur les Alliés. Il a surtout voulu écarter le scénario d’une Europe divisée : le soutien à l’Ukraine, a-t-il assuré, ne faiblira pas, pas plus que la cohésion de l’OTAN. « Si la Russie pense que cette menace va nous diviser ou qu’elle va nous dissuader de soutenir l’Ukraine, elle se trompe. Notre unité est inébranlable. Notre soutien à l’Ukraine est clair », a-t-il affirmé. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a elle aussi plaidé pour un durcissement de la réponse. À l’issue d’une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, organisée en Irlande, elle a annoncé de nouvelles initiatives destinées à renforcer l’application des sanctions contre la Russie et à accroître la pression sur Moscou, tout en maintenant le soutien européen à l’Ukraine. « Les tentatives d’intimidation de l’Europe échoueront », a-t-elle prévenu. Plusieurs capitales européennes, parmi lesquelles Bucarest, ont par ailleurs convoqué les ambassadeurs russes afin de protester contre l’incident de Leipzig. En Roumanie, la ministre des Affaires étrangères par intérim, Oana Ţoiu, a exprimé la solidarité de Bucarest avec l’Allemagne et les autres États européens confrontés, selon elle, aux « activités hybrides », aux ingérences et aux provocations russes. Des menaces dont la Roumanie affirme elle aussi avoir fait l’expérience.