Le trésor dace retrouvé et restitué à la Roumanie
Le casque dace de Coţofeneşti et deux bracelets en or, volés en janvier dernier au musée Drents aux Pays-Bas, ont été retrouvés et restitués à la Roumanie
Corina Cristea, 03.04.2026, 10:49
Après quatorze mois d’investigations soutenues, le célèbre casque de Coțofenești ainsi que deux des trois bracelets daces dérobés lors de leur exposition au musée Drents, aux Pays-Bas, ont été retrouvés puis officiellement restitués à la Roumanie jeudi. La remise s’est déroulée dans l’ancienne salle du Conseil du musée d’Assen, sous haute sécurité, avec un dispositif renforcé déployé tant à l’entrée qu’aux abords du socle d’exposition. « Nous sommes extrêmement ravis de la restitution de ces trésors artistiques exceptionnels. Ce fut une véritable aventure pleine de rebondissements », a déclaré la procureure Corien Fahner. Présent lors de la conférence de presse, le directeur du musée, Robert van Langh, a salué le retour de ces pièces à leur place d’origine et remercié les autorités policières néerlandaises et roumaines pour leur coopération. Il a précisé que le casque, bien que légèrement endommagé, pourra être intégralement restauré, tandis que les bracelets ont été récupérés en parfait état. Datant de près de 2 500 ans et d’une valeur inestimable, ces artefacts avaient été prêtés par le Musée national d’histoire de Roumanie dans le cadre de l’exposition temporaire « Dacia – Le pays de l’or et de l’argent ». Quelques jours avant la clôture de l’événement, trois individus avaient fait exploser une entrée secondaire du musée et s’étaient emparés, en quelques minutes, des quatre objets.
Une enquête sous pression et une coopération judiciaire décisive
Dans les mois ayant suivi le vol, plusieurs arrestations ont eu lieu, sans pour autant permettre d’avancée décisive dans l’enquête. En septembre, la Roumanie avait ainsi perçu la dernière tranche de l’indemnisation de 5,7 millions d’euros versée par les Pays-Bas. À ce jour, trois ressortissants néerlandais âgés de 21 à 36 ans sont placés en détention provisoire pour vol, leur procès devant s’ouvrir le 14 avril. Peu d’éléments ont filtré sur les modalités de récupération des œuvres, si ce n’est que des négociations ont été menées entre le parquet néerlandais et les avocats des suspects, la restitution des objets constituant une condition préalable à la conclusion d’accords judiciaires. Le parquet a toutefois refusé de préciser la nature de ces éventuelles concessions. Depuis Bucarest, la ministre des Affaires étrangères Oana Ţoiu a souligné que la résolution de cette affaire avait reposé sur une coopération étroite entre la Roumanie et les Pays-Bas, sous l’égide d’EUROJUST, via une équipe commune d’enquête réunissant magistrats et forces de l’ordre des deux pays. Le ministre de la Culture, Demeter Andras, a pour sa part exprimé sa satisfaction, précisant que le montant à restituer à la partie néerlandaise sera déterminé à l’issue du processus de restauration. Enfin, le président Nicuşor Dan a appelé à un renforcement strict des règles encadrant la gestion des biens patrimoniaux, insistant sur la responsabilité des autorités roumaines dans la protection de ces trésors historiques.