Les recommandations du Conseil Ecofin pour la Roumanie
"La Roumanie a fait le premier pas pour regagner la confiance des investisseurs et des partenaires européens", a fait savoir le ministre des Finances Alexandru Nazare.
Daniela Budu, 09.07.2025, 13:09
Un premier pas vers la normalité
Le ministre romain des finances Alexandru Nazare, a présenté mardi au Conseil « Affaires économiques et financières » de Bruxelles, les mesures à adoptées par le gouvernement de Bucarest afin de réduire le déficit budgétaire. Selon Alexandru Nazare, c’est le premier pas vers l’arrêt des procédures européennes de déficit excessif, qui auraient pu causer la Roumanie de perdre des fonds européens. En même temps, Bucarest a fait un premier pas en vue de regagner la confiance des investisseurs et des partenaires européens, a précisé le ministre. Désormais, le risque pour la Roumanie de perdre des fonds européens ou de se voir déclasser par les agences de notation est plus bas. Plus encore, Bucarest peut maintenant démarrer les négociations avec l’Exécutif communautaire afin de modifier le Plan National de Relance et de Résilience de la Roumanie.
Alexandru Nazare : « Pour pouvoir négocier le Plan national de relancer de résilience, il fallait avoir un paquet fiscal adopté, qui soit validé et qui contienne des mesures crédibles et agréé par la Commission »
Un pas « important et positif » selon Bruxelles
Le paquet fiscal censé réduire le déficit budgétaire a été agréé par la Commission européenne qui le considère comme un pas « important est positif » en vue d’atteindre les objectifs de la procédure de déficit excessif, a précisé, à son tour, le gouvernement roumain, qui a d’ailleurs engagé sa responsabilité devant le Parlement de Bucarest pour ce premier paquet de mesures. Selon l’Exécutif, ce paquet fiscal aidera la Roumanie à corriger les déséquilibres et à stabiliser son économie. Étant concernée par une procédure européenne, la Roumanie sera suivie de près par la Commission et des évaluations seront présentées au Conseil tous les six mois. Une première évaluation est prévue plus tôt, le 15 octobre prochain, afin de voir les effets des mesures proposées par Bucarest. Une autre à suivra en avril 2026.
D’ici-là, le Conseil « Affaires économiques et financières » de l’Union Européenne recommande, entre autres, à la Roumanie de durcir de manière considérable sa politique budgétaire, afin de s’assurer que le niveau net des dépenses suit la trajectoire prévue dans le cadre de la procédure concernant les déficits excessifs. Selon le rapport du Conseil Ecofin, Bucarest devrait aussi consolider les dépenses totales en matière de défense et de sécurité, tout comme le niveau de formation dans ces domaines. De même, pour pouvoir accomplir les engagements assumés dans le cadre de son Plan national de relance et de résilience, il est essentiel pour la Roumanie d’accélérer d’urgence la mise en œuvre des réformes et des investissements.
Les protestations se poursuivent en Roumanie
Entre-temps à Bucarest et dans les grandes villes à travers le pays, les salariés du système public continuent leurs manifestations de protestations, mécontents des réductions budgétaires annoncées par le gouvernement. D’ailleurs, la Banque centrale met en garde contre le fait que, dans les mois à venir, l’inflation augmentera beaucoup plus que prévu initialement et que la population ressentira une pression inflationniste très forte. Pourtant, sur le long terme, les effets de ce paquet favoriseront la stabilisation macro-économique et feront diminuer les déséquilibres de l’économie roumaine, souligne encore la Banque Nationale de Roumanie. (trad. Valentina Beleavski)