Manifestations des mineurs
Après des protestations devant le siège du Complexe énergétique Oltenia et dans la ville de Târgu Jiu, les mineurs de la région d’Olténie, dans le sud-ouest du pays se sont rendus à Bucarest pour faire part de leurs mécontentements.
Daniela Budu, 25.03.2026, 13:11
Un millier d’ouvriers du Complexe énergétique Oltenia (dans le sud-ouest de la Roumanie) ont manifesté mardi devant le gouvernement de Bucarest, déplorant la suppression de leurs emplois, l’absence de mesures de protection sociale pour les travailleurs licenciés et la perspective de la fermeture de toutes les mines à l’horizon 2030, selon les engagements assumés par la Roumanie dans le cadre du Plan national de relance et de résilience (PNRR). Les manifestations des employés du complexe énergétique Oltenia ont débuté il y a plus de deux semaines dans la ville de Târgu Jiu. Plusieurs dizaines de mineurs se sont également rendus à Bucarest, où ils ont entamé une grève de la faim devant le ministère de l’Énergie. Leur mécontentement est dû au licenciement de 2 000 travailleurs ayant des contrats de travail à durée déterminé, qui se retrouveront au chômage. Le Premier ministre, le libéral Ilie Bolojan, s’est entretenu mardi avec une délégation de représentants syndicaux des mineurs au sujet de la situation économique de l’entreprise et du mécontentement exprimé par les travailleurs. Ces derniers ont demandé le renouvellement des contrats à durée déterminée individuels ou l’octroi d’indemnités compensatoires pour les employés dont les contrats ne seront pas renouvelés. Le Premier ministre a expliqué que leurs demandes ne pouvaient être satisfaites et que le plan de restructuration contesté devait être mis en œuvre conformément aux engagements pris par la Roumanie. Le Premier ministre a précisé que ces engagements ainsi que la situation financière de l’entreprise, qui a clôturé l’année dernière avec des pertes de près d’un milliard de lei (environ 200 millions d’euros), avaient conduit aux mesures actuelles. Ces mesures reposent sur les documents adoptés en 2020 et font partie du programme de restructuration et de décarbonation approuvés au niveau national et européen, a précisé Ilie Bolojan.
Les syndicats demandent une renégociation avec Bruxelles
Mentionnons aussi que dans un communiqué rendu public ce lundi, le syndicat Muntele, qui réunit des mineurs et des compagnies du secteur de l’énergie du Complexe Valea Jiului, également dans le sud-ouest de la Roumanie, se déclare solidaire avec les protestations des collègues du Complexe Energétique Oltenia, soulignant que le gouvernement et le ministère de l’Energie devraient élaborer des solutions aux problèmes identifiés par les représentants syndicaux. Selon un communiqué de ce syndicat, l’État doit renégocier à Bruxelles le mécanisme de fermeture des mines, car le programme d’écologisation et de fermeture des deux mines de charbon de la vallée du Jiu fixe une date limite d’exploitation au 31 décembre 2026, une échéance désormais irréaliste. À l’instar de la plupart des pays européens, la Roumanie s’est officiellement engagée à éliminer progressivement le charbon de son mix énergétique d’ici fin 2030. Ce processus a déjà démarré, avec le retrait de certains groupes énergétiques de leurs activités. Cet engagement s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de décarbonation et du Plan national de relance et de résilience. Les centrales à charbon seront remplacées par des énergies renouvelables (solaire, éolien) et des centrales à gaz, en privilégiant les technologies vertes, afin de garantir la sécurité énergétique.